Benoît Rioux
Agence QMI

Le travail acharné de Jesen Therrien va l'aider

Le travail acharné de Jesen Therrien va l'aider

Jesen Therrien.Photo Courtoisie / Threshers de Clearwater

Benoît Rioux

Le lanceur québécois Jesen Therrien n'est pas encore prêt à faire le saut dans le baseball majeur, mais il continue, grâce à son travail acharné, de marquer des points dans l'organisation des Phillies de Philadelphie.

«C'est le gars qui travaille le plus fort que je n'ai jamais vu, vient commenter Éric Gagné, qui agit comme conseiller et mentor auprès de Therrien pendant la saison morte. Pendant deux à trois mois par année, il vient chez nous en Arizona et vit dans ma maison d'invité. Dès que je lui dis un mot, il écoute et essaie d'apprendre à chaque jour. C'est un gars qui veut se rendre dans les majeures et il va se rendre dans les majeures.»

Le 30 mars, Therrien a eu un avant-goût de ce qui pourrait l'attendre en participant à un match de la Ligue des pamplemousses contre l'organisation des Yankees de New York.

En deux manches et un tiers, le jeune lanceur des Phillies a été parfait, ne permettant à aucun des sept frappeurs à lui faire face de se rendre sur les sentiers. Le releveur de 24 ans a même passé trois adversaires dans la mitaine, soit Ronald Terreyes, Pete Kozma et Dustin Fowler.

«Je suis très fier de l'ascension de ce jeune homme-là qui ne l'a jamais eu facile dans la vie et qui n'a jamais baissé les bras, mentionne pour sa part le recruteur des Phillies Alex Agostino, qui a lui-même été à l'origine de la sélection de Therrien au repêchage de 2011. C'est un type de gars que recherchent les dépisteurs.»

«Jesen est un travailleur acharné et il a une attitude impeccable. C'est un gars qui mérite le succès qui lui arrive, même s'il a encore beaucoup à aller chercher, car il n'est pas encore sur la liste des 40 joueurs de la formation des Phillies, précise Agostino. Pour monter dans les majeures cette année, il faudrait que les Phillies délaissent un joueur qui est sur cette liste.»

Au niveau AA?

Logiquement, Therrien pourrait passer la majeure partie de la nouvelle saison au niveau AA. En 2016, il a notamment lancé 17 manches avec les Fightin Phils de Reading, conservant un dossier de 1-1 et une moyenne de points mérités de 3,71.

«De le voir lancer dans un match de la Ligue des pamplemousses, c'est une belle récompense de l'organisation et il en a profité, poursuit Agostino. Maintenant, l'important, c'est qu'il soit à une place où il lance. En autant qu'il continue à progresser, c'est ça qui est important. Il est encore jeune. Il y a plein de gars qui font leurs débuts dans les majeures à 26 ou 27 ans.»

À force de travailler, Therrien risque inévitablement d'atteindre son objectif. Le principal danger dans son cas, c'est peut-être qu'il s'entraîne trop fort.

«Le plus dur, c'est de le convaincre de prendre du repos, a effectivement indiqué Gagné avec le sourire. En même temps, c'est toujours plus facile de tirer les rênes pour ralentir quelqu'un que de pousser un gars.»

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Les Yankees s'intéressaient à Therrien

Plutôt qu'être repêché au 17e tour par les Phillies de Philadelphie en 2011, le Québécois Jesen Therrien a bien failli être sélectionné par les Yankees de New York.

«Quand il a signé avec les Phillies, on était sur le point de lui faire une offre avec les Yankees, a indiqué Denis Boucher, qui est recruteur pour le célèbre club new-yorkais. Je l'avais suivi pendant au moins deux ans.»

Le repêchage dans le baseball majeur a une particularité: les équipes et les jeunes espoirs discutent souvent d'un possible boni de signature avant même l'encan annuel.

«Il demandait un montant qu'on ne voulait pas payer à ce moment-là, mais finalement, il a signé pour moins d'argent avec les Phillies, a dévoilé Boucher. Il aurait été un Yankee, mais ça ne s'est pas passé comme on voulait.»

Fin renard, le recruteur des Phillies Alex Agostino a ensuite repêché Therrien et les Phillies lui ont offert un montant qui était à prendre ou à laisser.

«Je le sais que Denis l'aimait, mais moi aussi, je l'aimais», a commenté Agostino, en riant, assurant que Boucher et lui demeurent de très bons amis.

«Jesen a de l'étoffe, il a une bonne balle rapide et s'il est capable de maîtriser sa glissante, il pourrait devenir un autre Québécois à atteindre les majeures», a reconnu Boucher.

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Ce que pensent les Phillies...

Même s'il fait partie de l'organisation des Phillies de Philadelphie à titre de recruteur, Alex Agostino ne sait pas parfaitement ce que pensent les différents décideurs de l'équipe à propos de Jesen Therrien.

Est-ce que le gérant des Phillies Pete Mackanin l'aime bien? Bonne question.

«S'il est encore là après cinq ans, et c'est sa sixième saison chez les Phillies cette année, c'est que l'organisation l'aime, avance toutefois Agostino. Ce que je sais, c'est que Ray Burris, qui travaille avec les lanceurs dans le département du développement des joueurs, dit que Jesen fait partie des meilleurs athlètes chez les Phillies et qu'il est un des plus travaillants.»

«Jesen ferme sa trappe et il travaille fort. Et ça, ça n'a pas de prix pour une organisation», ajoute Agostino.



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