Benoît Rioux
Agence QMI

Le circuit de Rick Monday: 35 ans déjà!

Le circuit de Rick Monday: 35 ans déjà!

Rick Monday croise le marbre à la suite de son fameux circuit.Photo Archives / Le Journal de Montréal

Benoît Rioux

Il y a 35 ans, le 19 octobre 1981, le joueur des Dodgers de Los Angeles Rick Monday frappait ce fameux circuit au Stade olympique qui allait priver les Expos de Montréal d'une participation à la Série mondiale.

«Ça fait toujours un petit pincement au coeur, mais j'ai tourné la page depuis longtemps», a assuré le descripteur Jacques Doucet, mardi, lors d'une généreuse entrevue.

À l'époque, l'homme oeuvrait pour la station radiophonique CKAC.

«Mes valises étaient faites, on devait se diriger vers New York immédiatement après le match, a-t-il poursuivi. À la place, le propriétaire Charles Bronfman avait réuni tous les employés des Expos dans une grande salle après la partie et on avait tous pleuré dans notre vin.»

Si plusieurs se rappellent de la scène où la balle lancée par Steve Rogers était disparue derrière la clôture du champ centre, ils sont aussi nombreux à oublier certains détails de cette journée.

«Sur le coup, quand la balle avait quitté le bâton, on ne savait pas que c'était un circuit, a notamment fait remarquer monsieur Doucet. Au champ centre, (Andre) Dawson reculait et on avait l'impression qu'il allait pouvoir capter la balle.»

Mais il y a plus encore...

«Dès la première manche, les Expos auraient pu sortir (Fernando) Valenzuela, a par ailleurs rappelé le descripteur. Il y avait un coureur au premier et un autre troisième but avec aucun retrait, mais Dawson avait frappé dans un double-jeu.»

Avant ce manque d'opportunisme, un releveur avait déjà commencé son échauffement dans l'enclos pour les Dodgers.

Ce jour-là, Valenzuela a finalement lancé pendant huit manches et deux tiers.

Un autre témoin privilégié

Rodger Brulotte, qui oeuvrait dans le département du marketing pour les Expos, était tout près de l'action, au niveau du terrain, quand la longue balle de Monday est survenue.

«Quand c'est arrivé, on aurait dit que les joueurs des Expos avaient été assommés», a qualifié le populaire commentateur sportif.

En fin de neuvième manche, les Expos n'avaient pu combler l'écart.

À propos des gens qui critiquent le pauvre Steve Rogers pour le circuit, le coloré Brulotte rejette plutôt le blâme sur le gérant Jim Fanning d'avoir utilisé celui qui était un lanceur partant.

«On a mis Rogers dans une position qu'il ne méritait pas, a-t-il laissé entendre. Faut aussi se rappeler que Jeff Reardon était celui qui devait lancer, mais il a dit qu'il avait mal dans le dos.»

Si ce n'était de Rogers, les Expos n'auraient probablement jamais atteint cette série de championnat contre les Dodgers, doit-on préciser. Dans la ronde précédente, l'artilleur avait battu deux fois les Phillies de Philadelphie et leur as Steve Carlton.

Garder les Expos en vie

Un brin philosophe, Rodger Brulotte parvient à retenir un peu de positif de ce douloureux souvenir de 1981.

«De voir le président John McHale pleurer après le match, ça m'avait fait plus mal que le circuit, mais aujourd'hui, je n'ai pas de peine quand j'y repense parce que dans un certain sens, ce coup de Rick Monday fait partie de ce qui garde les Expos en vie, a-t-il dit. Si on avait perdu en trois matchs d'affilée contre les Dodgers, on en parlerait beaucoup moins.»

Effectivement, 35 ans plus tard, on en parle encore aux quatre coins de l'Amérique du Nord...

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