Benoît Rioux
Agence QMI

La défection des frères Gurriel ébranle les Capitales

La défection des frères Gurriel ébranle les Capitales

Yulieski Gurriel.Photo Toru Hanai / Reuters

Benoît Rioux

MONTRÉAL - Si les Capitales de Québec manifestaient le désir d'accueillir les trois frères Gurriel dans un avenir rapproché, l'organisation de la Ligue Can-Am vient plutôt de subir, au terme du week-end, les contrecoups de la défection des deux plus jeunes frangins de la célèbre famille cubaine.

«On n'a rien à voir avec ce qui vient d'arriver», a d'abord assuré le président et directeur général des Capitales, Michel Laplante, lundi.

Pour résumer la situation, Lourdes Gurriel fils et son frère aîné Yulieski ont profité de leur passage aux Séries des Caraïbes, en République dominicaine, pour prendre la poudre d'escampette au cours des derniers jours. Les deux joueurs souhaiteraient maintenant décrocher un contrat avec une organisation du baseball majeur.

«Est-ce surprenant? Non. Est-ce que ça donne un choc? Oui», a réagi Laplante qui, de son propre aveu, avait eu des pourparlers avec la famille Gurriel lors de son passage à Cuba, en janvier, pour que les deux déserteurs viennent rejoindre leur grand frère Yuniesky chez les Capitales.

«Je pense qu'on vient de mettre fin à cette possibilité-là», a indiqué Laplante.

Un champion frappeur en moins?

Pire encore, les Capitales ont maintenant une légère crainte que Yuniesky, champion frappeur de la Ligue Can-Am en 2015 avec une moyenne au bâton de ,374, puisse être dorénavant retenu à Cuba.

«La défection des deux frères va-t-elle nuire à la venue de Yuniesky? Je ne sais pas, a honnêtement lancé le président des Capitales. Je pourrais comprendre que ça devienne épeurant pour la Fédération cubaine d'envoyer à nouveau Yuniesky à Québec. D'un autre côté, Yuniesky a un bon argument en disant qu'il a déjà eu la chance de faire défection et qu'il ne l'a jamais fait.»

Sauf que cette fois, le plus vieux des trois frères pourrait être tenté d'aller rejoindre la famille à quelque part aux États-Unis... Si la situation est délicate, Laplante ne croit pas pour autant que Yuniesky, qui n'était pas présent en République dominicaine avec ses frères, sera victime d'extrêmes représailles de la part du gouvernement cubain.

Entre deux chaises...

Somme toute, la défection des plus jeunes frères Gurriel a de quoi surprendre. Ils avaient jusque-là réitéré leur intention de quitter Cuba légalement en obtenant une permission du gouvernement.

En tant qu'homme de baseball, Laplante peine à se positionner parfaitement dans ce dossier. S'il sympathise avec la Fédération cubaine, avec qui il souhaite garder une bonne relation, il n'est pas nécessairement prêt à blâmer la famille Gurriel.

«Je comprends que les Gurriel soient impatients, a-t-il laissé entendre. Ils valent je ne sais pas combien de millions dans le baseball majeur.»

Âgé de seulement 22 ans, Lourdes Gurriel fils est promis à un bel avenir, lui qui a maintenu une moyenne au bâton de ,321 avec les Industriales de La Havane, cette saison, dans la Série nationale cubaine.

Reconnu comme l'un des meilleurs joueurs présentement sur l'île de Cuba, Yulieski Gurriel, 31 ans, tentera aussi de convaincre un club du baseball majeur de lui donner une chance. Dans son cas, à force d'attendre après le gouvernement, il commençait à se faire tard pour espérer une carrière en Amérique du Nord. Il aura finalement pris sa destinée en main, traînant son petit frère avec lui.

Aussi sur Canoe.ca



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos