L'ex-lanceur des Expos de Montréal Pascual Perez a été retrouvé mort jeudi, en matinée, à sa résidence dans la municipalité de Nigua, en République dominicaine.
Perez quitte ainsi dans des circonstances aussi nébuleuses que sa personnalité. Selon ce que rapportent les autorités policières de Santo Domingo, Perez, 55 ans, aurait été attaqué par plusieurs personnes. Si le motif du crime demeure inconnu, certains médias dominicains avancent que le retraité lanceur aurait été assassiné lors d'un vol perpétré à son domicile.
«C'est vraiment regrettable, de réagir le commentateur sportif Rodger Brulotte. Dans le cas de Perez, c'est un enfant qui n'a jamais vieilli, un gars qui voulait toujours s'amuser. C'était un délinquant, mais en même temps, il ne faisait pas de mal à personne.»
Rendu célèbre par son exubérance au monticule, Perez a évolué dans les majeures de 1980 à 1991 dont trois saisons avec les Expos, de 1987 à 1989. Perez a également porté les couleurs des Pirates de Pittsburgh, des Braves d'Atlanta et des Yankees de New York. Sa carrière a malheureusement été écourtée, lui qui a été suspendu en 1992 après avoir été testé positif à la cocaïne à deux reprises.
«Ce gars-là avait un talent fou, observe le descripteur Jacques Doucet. Il manquait toutefois de sérieux et pouvait perdre sa concentration au beau milieu d'un match.»
«Quand il a quitté les Expos pour aller à New York, ç'a été sa fin, complète Brulotte. À Montréal, on s'occupait bien de lui, surtout le soigneur Ron MacLain. Il n'a jamais consommé quand il jouait avec les Expos. À New York, ses vieux démons sont venus le hanter.»
Un véritable personnage
Malgré sa forte personnalité, Perez demeurait un coéquipier agréable à côtoyer.
«Pascual était flamboyant, il aimait montrer ses bijoux, mais ses coéquipiers l'adoraient, poursuit Brulotte. Les joueurs riaient toujours lorsqu'ils étaient en sa compagnie.»
«C'était un personnage, un bonhomme démonstratif, peut-être trop au goût de l'adversaire, dit Doucet. Il était dans la même catégorie que Mike Fidrych qui parlait à sa balle avec les Tigers de Detroit ou John Montefusco, des Giants de San Francisco, qui s'amusait à prédire son nombre de retraits au bâton avant les matchs.»
Sur le terrain, Doucet se rappelle que Perez imitait parfois un cow-boy qui dégainait après avoir retiré un adversaire sur des prises.
«Il avait une excellente balle rapide, une bonne glissante et se permettait aussi de déstabiliser les frappeurs avec sa fameuse balle arc-en-ciel», se souvient Doucet, en riant.
En plus de ce tir arc-en-ciel, qui se traduisait par un lancer très lent au cours duquel la balle traçait un arc, Brulotte associe Perez à une certaine mêlée générale contre les Dodgers de Los Angeles.
«Lors de cette mêlée, il avait immédiatement demandé la balle au receveur, rigole Brulotte. Si ça devait dégénérer, Perez avait une arme de plus pour l'aider à se défendre.»
À son meilleur à Montréal
Pendant sa carrière, l'artilleur a maintenu une fiche de 67 victoires et 68 revers en 207 parties, dont 193 à titre de lanceur partant.
«Globalement, c'est à Montréal qu'il a connu ses meilleures années», croit Doucet, qui relie inévitablement son rendement à ses années de consommation.
Pendant ses trois saisons avec les Expos, Perez avait cumulé une fiche de 28-21, dont un dossier immaculé de sept victoires en 1987. Sa moyenne de points mérités à Montréal a été de 2,79.
Perez avait souffert de problèmes rénaux au cours des dernières années. Il laisse notamment dans le deuil ses frères Melido et Carlos, qui ont aussi évolué dans le baseball majeur. Carlos, un lanceur gaucher, a d'ailleurs joué avec les Expos, de 1995 à 1998.