QUÉBEC - Éric Gagné était de passage à Québec mardi matin afin de présenter sa biographie intitulée Game Over, dans laquelle il avoue avoir consommé des hormones de croissance.
Fruit d'une collaboration longue de 18 mois avec le journaliste Martin Leclerc, ce récit d'une vie dévoile tous les secrets de l'usage de produits dopants par l'un des meilleurs releveurs de l'histoire du baseball majeur et lauréat du trophée Cy Young (2003) sous les couleurs des Dodgers de Los Angeles.
Dès le prologue, Gagné relate les circonstances qui l'ont motivé à consommer des hormones de croissance (HGH). Il revient sur le sujet en détail dans le chapitre 13 (consacré à la publication du rapport Mitchell) et dans la conclusion intitulée «Mea culpa».
«J'ai fait cinq cycles sur une période de trois ans durant lesquels j'ai culpabilisé de la première à la dernière seconde.»
En cachette
Gagné dit qu'il a d'abord cédé à la tentation des HGH pour soigner un malaise au genou qui l'accablait durant un camp d'entraînement. Ensuite, ces injections devaient lui permettre de combattre l'éreintante tâche de travail que les Dodgers lui confiaient.
«Je m'injectais en cachette dans la salle de bain. J'étais même trop gêné pour l'avouer à mon épouse», a plaidé Gagné.
Bien que cette substance ait été «légale et non prohibée par le baseball majeur» à une époque où les stéroïdes anabolisants étaient répandus dans les rangs professionnels, le Québécois dit avoir vécu avec la honte au cœur pendant plus d'une décennie.
«La publication du rapport Mitchell [en décembre 2007] m'a fait mal [...], il m'a littéralement détruit. Je suis à jamais marqué au fer rouge», a affirmé Gagné, qui se sent enfin soulagé d'un énorme poids sur la conscience.
«Cette biographie s'avère une libération et elle me donne la chance de raconter en détail ces événements qui ne pouvaient être résumés dans des entrevues de cinq minutes avec les représentants des médias.»
Du début à la fin
Dans ce document de plus de 300 pages publié aux Éditions Hurtubise, Gagné relate son adolescence tumultueuse, sa transformation survenue dans un collège junior en Oklahoma, son cheminement dans les ligues mineures et son accession aux majeures où, transformé de partant à releveur, il a connu des succès éclatants. Gagné détient toujours le record de 84 sauvetages consécutifs.
Et une conclusion qu'il qualifie d'heureuse avec son séjour chez les Capitales de Québec en 2009.
Corps en charpie
L'athlète originaire de Mascouche livre également un témoignage touchant sur ses nombreuses blessures, ses interventions chirurgicales (genou, coude, épaule, dos) qui ont fragilisé son corps, détruit sa santé et l'ont conduit vers une consommation abusive de puissants médicaments.
«La douleur a fait partie intégrante de ma carrière professionnelle. La moindre blessure provoque un effet boule de neige. Les amateurs ne connaissent pas les aspects de notre métier.
«Je souhaite que mon livre leur permettra de comprendre et j'espère que j'aiderai du monde [des jeunes] à faire les bons choix.»