MONTRÉAL – Il y a 30 ans, Montréal accueillait un événement qui a marqué l'histoire sportive de la ville, mais qui a aussi représenté un sommet dans l'épopée des Expos, le match des étoiles du baseball majeur.
Le 13 juillet 1982, dans un Stade olympique bondé de 59 057 spectateurs, la Ligue nationale a triomphé de sa rivale de l'Américaine par le pointage de 4-1.
Cette partie venait couronner les efforts de la direction des Expos, qui pour la première fois avait organisé cette prestigieuse classique annuelle à l'extérieur des États-Unis.
«On avait un objectif très important, celui de bien accueillir les instances du baseball, s'est rappelé René Guimond, qui occupait à l'époque le poste de directeur marketing de l'équipe. Et nous l'avons bien rempli, ça a été un succès incroyable.»
Guimond et son équipe, qui comprenait le coloré Rodger Brulotte, ont fait de cette 53e présentation du match des étoiles une véritable référence, s'attirant des éloges dans tout le baseball majeur.
Sur le terrain, les Expos étaient également à leur apogée. Quatre joueurs locaux faisaient partie de la formation partante (Gary Carter, Steve Rogers, Andre Dawson et Tim Raines), un autre ( Al Oliver) est venu frapper en relève, tandis que le gérant Jim Fanning a agi comme instructeur au premier but.
«C'était assez exceptionnel de pouvoir compter sur le lanceur et le receveur partant sur son propre terrain, ce n'est pas donner à toutes les équipes. La présence de six représentants de l'équipe donnait un véritable cachet montréalais à l'événement», a relaté Jacques Doucet, la voix des Expos à la radio de 1972 à 2004.
« Pensez-y, l'équipe fait son entrée dans la ligue en 1969, 13 ans plus tard, quatre joueurs développés par l'organisation sont partants au match des étoiles. Ça démontre à quel point les Expos excellaient à ce moment-là», a ajouté Rodger Brulotte.
Les Expos vivaient alors leur âge d'or. Depuis 1979, nos Amours étaient chaque année des prétendants aux plus grands honneurs. Après avoir presque atteint la série mondiale en 1981, tous les espoirs étaient permis.
Les foules se bousculaient au Stade olympique. De 1979 à 1983 (à l'exception de 1981, campagne interrompue par la grève des joueurs), plus de deux millions de partisans ont franchi chaque saison les tourniquets du Stade et les rencontres attirant de plus de 50 000 spectateurs n'étaient pas rares.
En ce sens, la présentation du match des étoiles à Montréal est venue confirmer la présence des Expos parmi l'élite du baseball majeur.
«Les Expos étaient très respectés, à commencer par la haute direction. Le propriétaire Charles Bronfman et le président John McHale jouissaient d'une excellente réputation, a expliqué Doucet.
«Le match des étoiles est venu donner un sérieux coup de pouce pour valoriser la concession et prouver que c'était une excellente organisation, tant au niveau baseball qu'au niveau marketing.»
Un match serré
Les amateurs présents au Stade olympique ont eu droit à un duel serré, qui mettait notamment en vedette 18 futurs membres du Temple de la renommée.
Rickey Henderson a ouvert la marque pour la Ligue américaine dès la première manche en venant croiser le marbre sur un ballon-sacrifice de Reggie Jackson.
Le joueur d'arrêt-court des Reds de Cincinnati Dave Concepcion a répliqué avec un circuit de deux points à la manche suivante, ce qui lui vaudra le titre de joueur par excellence de la rencontre.
Pete Rose a produit un autre point pour la Nationale en troisième.
Les représentants des Expos se sont également démarqués. En sixième manche, Gary Carter a poussé Al Oliver au marbre avec un simple, portant l'avance des locaux à 4-1.
La Ligue nationale a finalement remporté un onzième match des étoiles consécutif et Steve Rogers, qui a œuvré pendant trois manches, a été nommé lanceur gagnant.