CLEARWATER, Floride – Il y a un peu plus d’un an, Phillippe Aumont retirait Curtis Granderson sur trois prises devant une foule de 42 314 partisans à Toronto, dans le cadre de la Classique mondiale de baseball.
Jeudi, devant une foule qui comptait environ 42 100 spectateurs de moins, Aumont a lancé trois manches sans accorder de point avant que l’entraîneur des lanceurs de la formation de Reading, au niveau AA, ne lui serre la main.
Originaire de Gatineau, l’espoir de six pieds et sept pouces des Phillies de Philadelphie a par ailleurs été crédité de la victoire lors de ce match.
«Son mouvement est beaucoup plus souple que ce que j’ai vu à la télévision à la Classique mondiale», analyse un instructeur des lanceurs de l’organisation des Blue Jays de Toronto.
Repêché 11e au total en 2007 par les Mariners de Seattle, Aumont a obtenu un boni de 1,9 million de dollars américains à la signature avec cette équipe. Puis, à la mi-décembre, il était convaincu qu’il prenait la direction de Toronto.
«Le téléphone a sonné et la personne à l’autre bout du fil m’a dit que Roy Halladay s’en allait avec les Phillies, que Cliff Lee s’en venait à Seattle et que j’étais échangé à Toronto. On m’a demandé ce que j’en pensais mais je n’avais aucune idée de quoi on me parlait», se souvient Aumont.
«Mon ami au bout du fil m’a dit que tout était affiché sur un site Web. Ça faisait mon affaire même: jouer 81 matchs par année à quatre heures de route de ma famille et de mes amis. Mais mon arrivée à Philadelphie a quand même été bénéfique. Il s’agit d’une équipe de premier plan et c’est un honneur d’être échangé pour Lee», poursuit-il.
Au sein de l’organisation des Phillies, Aumont retrouve son poste de lanceur partant mais préconisera une nouvelle approche au niveau technique.
Il a lancé sa première session sous les yeux de l’instructeur des lanceurs de l’équipe, Rich Dubee, le mois dernier. Le lendemain matin, l’assistant et le conseiller spécial du directeur général des Phillies le convoquaient à une rencontre. Lors de cette rencontre, on a montré à Aumont des images de sa motion avant d’être repêché et des images tournées la veille. Les images montraient un mouvement différent avec son bras.
«Les Mariners ne m’ont pas changé. J’éprouvais de la difficulté à lancer des prises alors j’élevais mon bras un peu plus haut», dit-il au sujet de l’équipe au sein de laquelle il a été converti de lanceur partant à releveur.
«Il s’améliore à chaque sortie. On en sera bientôt au point où il était alors qu’il était agent libre. Il lance beaucoup plus de prises et a l’air plus confiant au monticule», affirme Rich Dubee.
Il n’est peut-être pas aussi confiant qu’il ne l’était il y a un an face aux États-Unis à la Classique mondiale, mais c’est un pas dans la bonne direction.