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Sylvie Bernier victime de Marcel Aubut

Sylvie Bernier victime de Marcel Aubut

Sylvie Bernier.Photo Jacques Pharand / Agence QMI

La championne olympique des jeux d'été de 1984, Sylvie Bernier, a confié vendredi au micro de «Gravel le matin» avoir été une victime de Marcel Aubut, ancien président du Comité olympique canadien (COC).

Sylvie Bernier livre chaque vendredi une chronique sur le bien-être à l'émission de l'animateur Alain Gravel sur les ondes de Radio-Canada, mais dans la foulée de l'enquête du COC sur Marcel Aubut, elle a troqué son sujet hebdomadaire pour exprimer publiquement son malaise et peut-être aussi une part de remords.

«Marcel Aubut a eu des commentaires rustres et déplacés à mon endroit», a-t-elle commencé enchaînant avoir été témoin de comportements dérangeants tout au long de sa carrière.

«Pourquoi je n'ai pas dénoncé?» s'est-elle questionnée à quelques reprises soulignant qu'avec le recul il aurait peut-être fallu le faire.

«Plutôt que de me retourner et ignorer ses commentaires, est-ce que je n'aurais pas dû répondre? Pour, peut-être, protéger les autres aussi. Et c'est là où ça me touche», a confié Sylvie Bernier.

Au-delà des gestes et sans doute aussi de la difficulté à dénoncer des situations qui, bien qu'inacceptables, sont porteuses de tabous et de gènes, Sylvie Bernier estime que le pouvoir de Marcel Aubut, tant dans le mouvement olympique que dans les cercles politiques ou même économiques, lui a laissé le champ libre.

«C'est pas seulement les employés, les employeurs, les décideurs, il n'y a pas grand monde qui pouvait dire non à Marcel, a dit en entrevue Sylvie Bernier. Imaginez une employée... la seule façon de s'en sortir était de démissionner de son poste.»

Le Comité olympique canadien a promis de réaliser une large réforme. La nouvelle présidente du COC, Tricia Smith, a reconnu que la direction aurait pu faire davantage.

«Nous assumons tous ce manquement. Je tiens à dire à nos employés et à toutes les personnes qui ont été touchées que je suis sincèrement désolée. Nous vous avons laissés tomber», a admis Mme Smith mercredi, après la publication d'un rapport dévastateur, découlant d'une enquête réalisée après une plainte formelle d'allégation de harcèlement sexuel contre Marcel Aubut.

En concluant de son entrevue à Radio-Canada, Sylvie Bernier a fait à son tour une promesse afin de ne plus fermer les yeux sur des cas de harcèlement.

«Je ne laisserai plus passer un commentaire, même si normalement je me retournerais de bord, a-t-elle mentionné. Non, on ne peut plus laisser passer ces commentaires-là».

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