GSP aux Jeux olympiques?

Arts

Georges St-Pierre © Alex Urosevic / Agence QMI

Avec AFP

LAS VEGAS, Nevada - Lors de son passage à Las Vegas, la semaine dernière, l'Agence France-Presse a rencontré le combattant québécois Georges St-Pierre, qui était là pour appuyer le Français Francis Carmont.

Cinq questions ont été posées au champion du monde des mi-moyens de l'Ultimate Fighting Championship (UFC).

Diriez-vous que votre sport est très violent?

«C'est un sport très violent, mais ce n'est pas de la violence gratuite. On a tous vu la finale de la Coupe du monde de soccer en 2006. Materazzi a dit des choses vulgaires à Zidane. C'est de la violence verbale, de la violence gratuite. De l'autre côté, Zidane a donné un coup de tête. C'est de la violence physique, de la violence gratuite.

«Dans notre sport, ce n'est pas gratuit parce qu'on est entraîné. Si on porte un coup qui n'est pas autorisé comme les doigts dans les yeux ou atteindre les parties (génitales), l'arbitre arrête immédiatement le combat et le combattant s'excuse. C'est toujours fait dans le respect. Les joueurs de soccer sont payés pour jouer au soccer. Pas pour donner des coups de tête ou lancer des insultes à leurs adversaires.»

Le quintuple champion du monde de judo Teddy Riner estime qu'il n'y a pas de valeurs morales dans votre sport. Qu'en pensez-vous?

«Je trouve ça drôle qu'une personne qui pratique des arts martiaux puisse dire cela. La première chose qu'on apprend quand on pratique un sport de combat, c'est l'humilité. Le premier jour de classe, on se rend compte qu'on ne connaît rien, qu'il y en a des meilleurs que nous. Je suis issu des arts martiaux traditionnels et le respect est très important pour moi.»

Combattre dans une cage ne vous pose pas de problèmes?

«La première raison pour laquelle on utilise cette cage octogonale, c'est pour la sécurité des combattants. Si on fait un combat d'arts martiaux mixtes, souvent avec les projections au sol, les combattants risquent de basculer à l'extérieur du ring.

«C'est donc sécuritaire. Ce n'est pas du barbelé comme dans les prisons. Le boxeur est habitué à se battre dans un ring, le judoka sur un tatami. Tous les combattants issus des différentes disciplines ne sont donc pas dans leur élément. Avec cette cage, personne n'a l'avantage.»

Est-il vrai que vous avez été sollicité par le Canada pour participer aux Jeux olympiques de Londres en 2012 en tant que lutteur?

«Je n'ai pas l'intention de participer aux Jeux olympiques de 2012. En revanche, je ne ferme pas la porte. J'aime beaucoup la lutte olympique, j'ai déjà participé à des compétitions de lutte olympique et je m'entraîne beaucoup avec des sélectionnés olympiques.

«Mon niveau est très bon. Je ne dis pas que je pourrais aller aux Jeux olympiques maintenant, mais après ma retraite en arts martiaux mixtes, si je veux me lancer un nouveau défi, je ne dis pas non. J'ai 30 ans. Je dois en profiter maintenant pour faire de l'argent. Vers 36 ans, si je veux changer, alors peut-être.»

Puisque vous parlez d'argent, vous êtes le combattant le mieux payé au monde, n'est-ce pas?

«Je ne sais pas, mais j'ai appris que l'UFC faisait plus d'argent avec la télé à la carte lorsque je me battais. Ça m'a fait sourire! Pour moi, un combat c'est 4 à 5 millions $. Et dans la ville où l'UFC fait son gala, ce sont des retombées économiques de 15 à 20 millions $. C'est énorme!»


Vidéos

Photos