VANCOUVER | Quand elles songent qu'elles vont plonger dans l'aventure olympique cet après-midi, les recrues de l'équipe nationale de hockey féminin Marie-Philip Poulin et Catherine Ward ne se pincent pas mutuellement pour s'assurer qu'elles ne rêvent pas éveillées. Elles ont trouvé un moyen bien plus radical: «De temps en temps, je lui donne une claque en arrière de la tête.»
C'est Catherine qui lance la boutade en éclatant de rire.
«Sérieusement, nous sommes co-chambreuses et parfois, lorsqu'on se réveille le matin, on se regarde et on dit: Good morning Vancouver! On est excitées toutes les deux, alors on s'aide à rester les pieds sur terre», glisse la Montréalaise de 22 ans.
«Juste d'arriver dans le village, de voir tous les autres athlètes, de vivre ça... c'est vraiment incroyable», ajoute Marie-Philip, le bébé de l'équipe avec ses 18 ans.
Étonnamment, elle dit ne pas avoir rêvé aux olympiques avant de s'amener dans l'entourage de l'équipe nationale.
«J'ai commencé à y penser seulement lorsque j'ai été invitée à mon premier camp senior. Je me suis alors dit que j'avais peut-être une chance», explique l'athlète originaire de Beauceville, qui a largué le patinage artistique pour le hockey dès l'âge de 5 ans.
Même chose pour Catherine, une défenseure «capable de bien bouger la rondelle et d'appuyer l'attaque», dixit l'entraîneur Melody Davidson. «Mon premier camp m'a ouvert les yeux. J'ai réalisé que je pouvais jouer dans ce calibre, mais je n'aurais pas pensé que ça arriverait aussi vite, que je serais à Vancouver», souligne-t-elle.
Long cheminement
Quand l'arbitre laissera tomber la rondelle pour la mise au jeu initiale à 17 heures aujourd'hui (heure de Vancouver), les deux Québécoises auront d'ailleurs une pensée pour tous ceux qui les ont appuyées depuis leur début dans le hockey, en commençant par leurs parents et les entraîneurs de leur enfance.
«On a vécu un long cheminement pour se rendre ici. Je vais peut-être regarder au-tour dans les estrades, pour vraiment réaliser ce qui se passe, je ne suis pas sûre que je le réalise encore tout à fait», souffle Catherine.
«C'est moi qui vais lui donner une claque à ce moment-là», lance à son tour à la blague sa coéquipière.
En mission
Si elles sont taquines et rieuses en confiant leur plaisir d'être aux olympiques, Marie-Philip et Catherine retrouvent toutefois leur sérieux quand on évoque la mission dont leur équipe est investie à Vancouver.
«Notre but est clair: c'est la médaille d'or, lance Catherine Ward. Et rien d'autre», insiste-t-elle, un léger brin de fureur au fond de ses yeux noisette.
Un sentiment qui a sans doute à voir avec la défaite en finale des derniers championnats du monde face aux éternelles rivales américaines. Mais qui aura peut-être été un mal pour un bien, suggère-t-elle.
Une équipe unie
«Sur le coup, ça n'a pas été facile à avaler, avoue Catherine, mais on a bien réagi par la suite. On a appris beaucoup de cette défaite et on a développé du caractère comme équipe. Par exemple, on ne s'énerve pas quand on tire de l'arrière. Je pense que ça aura fait partie de notre cheminement.»
Un cheminement qui aura certes été facilité par la composition et l'unité de cette équipe, où se côtoient la fougue des jeunes joueuses et l'expérience tranquille des vétéranes.
Leur présence est pour le moins rassurante, admet Marie-Philip Poulin: «Elles nous aident dans tout, sur la glace comme à l'extérieur. On est vraiment chanceuses; avant on était dans notre salon et on les regardait à la télé, puis là on joue avec elles.»