Mathieu Bois progresse bien

Jeux

 

Danny Vear
Le Journal de Montréal

Des Jeux de Beijing aux Mondiaux aquatiques de Rome, le nageur Mathieu Bois a connu une belle progression en un an. Espoir de la brasse au Canada, le nageur de 21 ans cherche lentement à faire sa place parmi l'élite internationale.

En participant aux Jeux olympiques de Beijing en 2008, Mathieu Bois est sorti de sa zone de confort.

«Ça m'a ouvert les yeux. À Montréal, on nage toujours dans la même piscine, on a la même routine. On fait la même chose. Quand tu te retrouves dans un pays aussi dépaysant que la Chine, c'est très impressionnant. Tu essaies de te tailler une place parmi l'élite des nageurs, mais tu réalises que ce ne sera pas si facile», a-t-il expliqué en entrevue, hier, à la piscine du Stade olympique.

Le jeune nageur a participé à ses premiers Jeux en 2008. Dans sa spécialité, le 100 mètres brasse, il a terminé au 28e rang devant une forte opposition.

«J'ai nagé un peu sur les freins. Ma stratégie n'a pas été la bonne. À Beijing, je n'ai pu atteindre mon plein potentiel.»

Il a toutefois beaucoup appris.

«Je crois que j'ai gagné beaucoup de maturité avec Beijing. Le fait de voir comment les autres athlètes et les autres pays se préparent pour une compétition de cette envergure m'a fait réaliser des choses que je ne faisais pas correctement.»

Du recul

Après Beijing, il a pris un peu de recul. Il ne s'est pas entraîné sérieusement pendant quelques mois.

«J'en ai profité pour faire le point. Les Jeux, c'était une finalité. Je n'avais pas vraiment pensé à ce qui allait se passer après. J'ai pris quelques décisions», a-t-il dit.

Puis, il a repris l'entraînement au Centre national d'entraînement à la piscine du Stade olympique, à Montréal.

«Notre premier constat, c'est qu'à Beijing, j'étais parmi les nageurs les moins forts physiquement. Jusqu'en mars, je nageais, mais mon entraînement était surtout orienté vers la musculation. Avec mon entraîneur, on a développé un programme de quatre ans, prévu pour que j'atteigne mon plein potentiel en 2012, pour les Jeux de Londres», a-t-il dit.

Les Mondiaux

En juillet, aux Mondiaux aquatiques à Rome, il a déjà constaté les premiers résultats lors des compétitions. Il a ainsi réussi à retrancher plus d'une seconde sur le temps qu'il avait réalisé à Beijing au 100 mètres brasse.

«À Rome, je le sentais dès les premiers cinquante mètres, j'étais beaucoup plus fort. J'avançais pas mal plus à chaque coup de bras. Déjà, il y a un bon pas vers l'avant. Et il y a encore du potentiel parce que cette force se voyait moins au deuxième 50 mètres. On peut la développer pour qu'elle reste toute la course», a-t-il dit.

Pour lui, ses résultats sont encourageants. Ils montrent qu'il est sur la bonne voie. «Dans le fond, les Mondiaux, c'est une des étapes qui va me mener aux Jeux de Londres. C'est de l'expérience que j'ai besoin dans mon bagage pour 2012», a-t-il dit.

Aux Mondiaux de Rome, il a aussi remarqué un changement de la garde.

«Après les Jeux, on voit toujours de nouveaux visages. Certains ont décidé d'arrêter. D'autres ont pris du repos. Ça laisse la place à de jeunes nageurs», a-t-il dit.

Le jeune nageur a de l'ambition. «J'ai toujours aimé la compétition. Je suis à une étape de ma carrière où je souhaite m'améliorer au niveau mondial. Je souhaite me retrouver dans le top 8 et nager dans une finale internationale.»

Mathieu Bois ne le cache pas. Il veut nager aux Jeux olympiques de Londres. «C'est la vraie grosse compétition que je vise. Dans trois ans, j'aurai 24 ans. C'est un bon âge pour un nageur de brasse.»

Cette semaine, Mathieu Bois commence ses études universitaires et retourne à l'entraînement. Il est prêt. «Ça va être une année rock'n roll», dit-il.


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