Jerry White a beau porter l'uniforme des Twins du Minnesota, il conserve encore des souvenirs impérissables de ses années avec les Expos de Montréal.
«J'ai toujours aimé Montréal. J'ai joué là mes plus belles années de baseball», explique l'instructeur au premier des Twins et ex-frappeur de relève redoutable qui a évolué une dizaine d'années dans l'organisation des Expos.
Rencontré au Metrodome, le vieux stade des Twins, Jerry White, maintenant âgé de 57 ans s'est rappelé avec grand plaisir ses jeunes années montréalaises.
«Montréal était une grande ville de baseball. Dans nos bonnes années, on était toujours dans la course. Dans les années quatre-vingt, on avait des fans fidèles qui nous encourageaient fort, comme dans toutes les bonnes villes de sport», affirme celui qui était souvent présenté comme «le meilleur quatrième voltigeur du baseball» de l'époque.
Repêché par les Expos en 1970, Jerry White a connu une belle carrière, mais n'a jamais pu obtenir un poste partant à Montréal. Dans l'uniforme des Expos de 1974 à 1983, il est devenu un réserviste de luxe et un frappeur de relève dangereux. En 1979, il avait même conservé une moyenne de, 316 à titre de frappeur suppléant.
«Les Expos étaient bourrés de talent. Chez les voltigeurs, on trouvait Ellis Valentine, War ren Cromartie et André Dawson. On avait aussi Gary Carter, Larry Parrish, Tim Raines, Rodney Scott. Quelle équipe, on avait ! J'étais heureux de me retrouver dans un aussi bon groupe de joueurs. Et, franchement, on avait tellement de fun. C'était de belles années», a-t-il dit.
Un circuit mémorable
Les partisans des Expos se rappellent encore son spectaculaire coup de circuit en sixième manche de la série finale de la Ligue nationale contre les Dodgers de Los Angeles en 1981. Ce circuit de trois points avait per mis aux Expos de prendre les devants dans cette série chaudement disputée.
«C'était un beau moment», dit-il.
Les Expos devaient toutefois perdre la série lors du dernier match à la suite du coup de circuit de Rick Monday à la neuvième manche.
La vie montréalaise
Chaleureux et bon vivant, Jerry White appréciait la douceur de la vie montréalaise. Il allait au cinéma avec André Dawson ou mangeait au restaurant avec un groupe de joueurs.
«On trouvait des partisans partout. André Dawson et moi, on se fréquentait beaucoup. On aimait beaucoup manger chez Joe's Steak House. On parlait, on passait beaucoup de temps à cet endroit. Partout, des fans de baseball venaient nous voir pour parler baseball», racontet-il.
Jerry White demeure reconnaissant à l'organisation des Expos et à son groupe d'entraîneurs: Jim Fanning, Larry Doby, Duke Snyder, Felipe Alou. «Jim Fanning était un père pour moi. J'étais si jeune et il m'a tellement appris.»
Un regret
Il n'a qu'un regret: il aurait bien aimé parler aux partisans de l'équipe en français.
«Je ne suis jamais parvenu à apprendre le français à Montréal. Les Expos offraient des cours et j'ai bien essayé, mais c'était vraiment trop difficile. Ma femme parlait espagnol et a fini par apprendre le français. Mais pour un anglophone, c'était vraiment trop demander. Je n'avais pas vraiment le temps. Toute mon attention était portée sur le jeu.»
Puis, il a quitté les Expos.
La suite des choses
Il a joué au Japon en 1984 et 1985 et est revenu jouer pour les Cards de St. Louis en 1986.
«Le plus drôle, c'est que j'ai fini par apprendre un peu de japonais. Puis l'espagnol. J'aurais vécu la grande partie de ma carrière à l'étranger, au Canada et au Japon.»
Il aurait aimé poursuivre sa carrière de joueur un peu plus longtemps. Mais, après un essai à Seattle, il a dû se résigner à y mettre fin.
C'est là qu'il a reçu une offre pour joindre l'organisation des Twins du Minnesota à titre d'entraîneur. C'était en 1987. Il a d'abord fait partie du groupe d'entraîneurs des équipes AA et AAA des Twins. «J'aime le contact avec les joueurs, surtout les jeunes joueurs parce qu'ils écoutent vraiment quand tu leur parles», dit-il en riant.
Puis, il a obtenu le poste d'entraîneur au premier-but des Twins en 1998 et il y est resté.
Au cours de ces années, il a assisté avec tristesse au douloureux déclin des Expos de Montréal.
«À la fin, il y avait si peu de monde au Stade olympique. À peine 5000 personnes se rendaient aux matchs. Je me rappelle d'avoir visité le stade la dernière année. Il y avait toujours les mêmes fans. Les fidèles étaient là jusqu'à la fin.»
MES PLUS BEAUX SOUVENIRS AVEC LES EXPOS
Jerry White s'est prêté au jeu de la nostalgie et a identifié les trois plus beaux moments de sa carrière avec les Expos.
1. Mon coup de circuit au Candlestick Park
«J'ai grandi à San Francisco. J'étais un mordu des Giants. Mon idole de jeunesse était Willie Mays. J'ai vu jouer Willie McCovey au Candlestick Park. En 1981, j'ai commencé un match au champ centre contre les Giants. Me retrouver là, au centre du Candlestick Park, c'était vraiment émouvant pour moi. Le plus incroyable, c'est que j'ai frappé un coup de circuit ce jour-là. Imaginez, c'était contre le lanceur Vida Blue. Devant ma famille et mes amis de jeunesse, tout le monde était là. Je m'en souviens encore. J'avais rêvé de jouer là depuis l'âge de 12 ans. Et, ce jour-là, j'y étais.»
2. Mon premier match dans les majeures
«À la fin de la saison, les Expos avaient rappelé les recrues de sa filiale AAA. J'avais commencé le match. C'était le 16 septembre 1974. Nous étions au Shea Stadium, contre les Mets, à New York. Je vois encore les lumières au champ centre à mon premier match dans l'uniforme des Expos. Je me disais que ça y était. J'avais réalisé mon rêve.»
3. Mon coup de circuit pendant les séries de division
contre les Dodgers
«C’était en octobre 1981. La série entre
les Dodgers et les Expos était à égalité.
J’ai frappé un circuit de trois points en
sixième manche et on a remporté le
match 4-1. C’était magique pour les fans
et important pour l’équipe. On m’en
parle encore...»