Alain Gravel, l'auteur du livre L'Affaire Jeanson: L'Engrenage, avoue avoir été peu motivé lorsqu'il s'est mis au travail, avant de se découvrir des talents d'écrivain.
Lui-même mordu du vélo, Gravel ne pensait pas avoir autant de plaisir à écrire cet ouvrage.
«Après ma série de reportages à Radio-Canada l'an dernier, j'ai eu une proposition pour écrire un livre et c'est en janvier 2008 que j'ai commencé à travailler là-dessus, a expliqué hier Gravel, joint à Ottawa. Je ne croyais pas aimer ça autant. Ce fut fascinant. Il faut dire que j'ai été aidé par une bonne recherchiste.»
C'est en décembre 2006 qu'Alain Gravel a commencé à s'intéresser à l'affaire Jeanson pour son émission Enquête à Radio-Canada.
«J'ai eu ma première rencontre avec Geneviève en janvier 2007 et tout s'est enchaîné par la suite, a-t-il dit. Un matin, alors que j'étais en Arizona pour mes reportages, j'ai fait une randonnée de plusieurs heures avec elle sans caméra.
«Elle m'a révélé plein de choses. Elle m'a aussi donné une photo où l'on voit son oeil au beurre noir à la suite d'un coup de poing que lui a asséné André Aubut lors d'un entraînement dans le désert en 2004, insatisfait de sa performance à la course Red Lands en Californie.»
On peut voir cette photo dans le livre.
«Ce que Geneviève m'a dit sur André Aubut, de 25 ans son aîné, est vrai, a ajouté Gravel. J'ai d'ailleurs parlé à plusieurs anciens amis d'Aubut qui m'ont tous confirmé son mauvais caractère et ses sautes d'humeur. J'ai eu moi-même deux ou trois conversations avec lui. Il a tout nié sauf le dopage. Puis, deux semaines plus tard, je recevais une lettre me disant qu'il m'avait menti au sujet du dopage, qu'il n'avait jamais drogué Geneviève.»
Un père exigeant
Au sujet du père de Jeanson, Yves Jeanson, Gravel écrit dans son livre qu'il a toujours été très exigeant envers sa fille.
«Selon ce qu'elle m'a dit, il voulait qu'elle soit la meilleure de sa classe sans quoi il la privait de loisirs, a déclaré Gravel. Je sais que des gens ont averti M. Jeanson que sa fille courait un grand danger avec Aubut, mais, probablement pour la protéger, il a fait l'autruche devant cette liaison malsaine.»
Gravel a finalement remis son récit troublant en août dernier.
«Mon livre contient 280 pages, mais il se lit très bien. Je dirais que ça ressemble beaucoup à un thriller policier. Il va laisser des traces, c'est sûr. S'il peut aider aussi les parents à ouvrir les yeux, tant mieux. C'est un message au fond que je veux livrer. Faites attention à qui vous confiez vos enfants...», a conclu Gravel.