Le King est de retour

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Patrick Roy était visiblement heureux de l’honneur que lui fera le Canadien le 22 novembre en retirant son no 33.  © Le Journal

Marc De Foy
Le Journal de Montréal

Le Guerrier est de retour dans la famille du Canadien. Le chandail numéro 33 que Patrick Roy a porté avec brio durant 10 saisons rejoindra les 14 autres déjà retirés par l'organisation montréalaise dans les hauteurs du Centre Bell, le 22 novembre, avant un match contre les Bruins de Boston.

La cérémonie se tiendra une dizaine de jours avant le 13e anniversaire du dernier match de Roy dans l'unifor me du Tricolore, lui qui avait quitté l'équipe en claquant la porte lors d'une humiliante défaite de 11 à 1 aux mains des Red Wings de Detroit.

Le 2 décembre 1995 au Forum, le grand gardien avait répliqué à la foule, qui s'était moquée de lui après l'avoir vu effectuer un arrêt de routine suivant le septième but inscrit contre lui, en levant les bras au ciel.

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Après que le gardien eut été victime d'un neuvième but, Mario Tremblay l'avait rappelé au banc pour le remplacer par Pat Jablonski.

Piqué dans son orgueil, Roy, en route vers le tabouret réservé au gardien derrière le banc des joueurs, avait rebroussé chemin pour aller signifier au président Ronald Corey qu'il venait de disputer son dernier match avec le Canadien.

Quatre jours plus tard, Réjean Houle l'échangeait à l'Avalanche du Colorado, en compagnie de Mike Keane, en retour de Jocelyn Thibault, de Martin Rucinsky et d'Andrei Kovalenko.

Les ponts entre le Canadien et le détenteur du plus grand nombre de victoires remportées par un gardien dans l'histoire de la Ligue nationale (551) étaient coupés depuis.

Heureux et serein

Le temps a finalement rapproché les deux parties. L'enfant prodigue affichait un air heureux et serein aux côtés de George Gillett et de Pierre Boivin à la conférence de presse annonçant le retrait de son chandail.

«Mon départ ne s'était pas passé comme je l'aurais espéré», a raconté Roy, grand responsable des deux der nières conquêtes de la coupe Stanley du Canadien en 1986 et 1993.

«J'ai gardé le contact avec Guy Carbonneau», a-t-il continué en présence de son ancien capitaine qui figurait au nombre des invités d'honneur pour l'occasion.

«Il y a quelques années, j'avais répondu à une invitation de Bob Gainey qui m'avait invité à un tournoi de golf», a-t-il souligné.

Par contre, Roy n'avait jamais mis les pieds au Centre Bell ou si peu, encore moins dans le vestiaire de son ancienne formation, ce qu'il s'est toutefois empressé de faire après avoir répondu aux nombreuses demandes des médias, hier après-midi.

Toujours la même franchise

Fidèle à lui-même, il a livré le fond de sa pensée quand on lui a demandé ce qu'il avait à dire aux gens qui l'accusent encore d'avoir abandonné son équipe à l'époque.

«Le 2 décembre 1995, j'ai eu aussi l'impression qu'on m'abandonnait», a-t-il répondu sans hésitation.

Roy et Tremblay se sont rencontrés quelques années plus tard, mais on ne pense pas se tromper en affirmant que la belle amitié qui les liait lors de leur seule saison ensemble à Montréal n'est jamais revenue.

Mais en raison de l'héritage que Roy a laissé au Canadien et à ses partisans, il était écrit dans le ciel que le numéro 33 serait immortalisé un jour.

«Monsieur Gillett m'a appelé il y a quatre ans, a-t-il raconté. J'ai commencé à y penser à ce moment-là.»

Roy est conscient que la décision des dirigeants du Tricolore risque de ne pas faire l'unanimité chez les amateurs, mais il pense que le moment est venu de faire la paix.

«J'avais plusieurs amis quand j'ai quitté Montréal et j'en compte encore beaucoup, a-t-il dit. Je suis fier de mes 10 années avec le Canadien. C'est ici que j'ai appris à gagner, et j'ai essayé d'être un leader dans cette matière durant mon association avec l'Avalanche du Colorado.»

La boucle est bouclée

Roy a remporté la coupe Stanley à deux autres reprises avec l'Avalanche avant de raccrocher ses jambières à la fin de la saison 2002-2003, mettant un ter me à une glorieuse carrière de 18 saisons dans la LNH.

Dès la saison suivante, l'Avalanche hissait le numéro qu'il a rendu célèbre chez les gardiens au pinacle du Pepsi Center.

Roy a hautement apprécié ce geste, mais il ne cache pas que l'hommage qui l'attend aura un petit quelque chose de plus.

«C'est à Montréal que tout a commencé, a-t-il souligné. Je ne suis pas sûr que je me serais retrouvé au Colorado si je n'avais pas connu du succès avec le Canadien.

«Le temps est venu de tourner la page. Je boucle la boucle. C'est un grand jour pour moi. C'est normal que je revienne là où tout a commencé.»

Patrick Roy est le sixième joueur dont le numéro est retiré par une deuxième équipe. Les autres sont: Gordie Howe (Detroit et Hartford-Caroline), Bobby Hull (Chicago et Winnipeg-Phoenix), Wayne Gretzky (Edmonton et Los Angeles ainsi que le reste de la LNH), Mark Messier (Edmonton et NY Rangers) et Raymond Bourque (Boston et Colorado).


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