Personne n'aimerait mieux que Patrick Carpentier que l'incertitude autour de son volant en 2009 soit réglée. Par contre, le Québécois n'est ni fâché, ni déprimé, juste un peu impatient.
«Quand j'y pense, je suis dans une bien meilleure position qu'à pareille date l'an dernier, et c'est grâce à la famille Gillett», a confié Carpentier au Journal de Montréal dans un entretien exclusif.
En fait, le 23 septembre dernier, Carpentier était chez lui à regarder la course de coupe Sprint et à se demander ce qu'il ferait de sa saison 2008. Jacques Villeneuve avait fait ses débuts dans la série de camionnettes Craftsman la veille, et Carpentier ne s'était même pas pointé au Las Vegas Motorspeedway, à 30 kilomètres seulement de chez lui.
«Jacques a une entente de développement et, pour moi, rien n'est encore réglé ; alors, il n'est pas question que j'aille me jouer dans la tête en allant là-bas», avait-il alors expliqué.
C'est en reprenant cette perspective que Carpentier garde le moral.
«Vraiment, si je recule d'un an, je n'aurais jamais imaginé que j'aurais passé une année en coupe Sprint, a-t-il admis. Je visais la série Busch (maintenant Nationwide) et j'aurais quand même été bien heureux dans la série de camionnettes Craftsman.
«Cette chance de rouler en coupe Sprint était inespérée, et je ne pourrai jamais assez remercier la famille Gillett de me l'avoir donnée.
«Jamais je ne pourrai en vouloir aux Gillett, a-t-il affirmé. Peu importe ce qui arrivera entre nous, ce ne sera jamais assez grave pour effacer la dette que j'ai envers eux de m'avoir donné cette chance.»
Après 22 courses dans la Dodge no 10 de Gillett-Evernham Motorsports, ses attentes sont, bien entendu, plus élevées.
«J'ai eu deux tiers de saison pour démontrer que j'avais ma place en coupe Sprint, a poursuivi Carpentier. Ça, je suis convaincu de l'avoir réussi.»
C'est pourquoi il vit bien avec l'incertitude dans laquelle l'écurie Gillett-Evernham Motorsports l'a plongé en lui demandant un délai avant d'exercer son option sur le Québécois.
«Tout le garage sait maintenant que je peux qualifier la voiture et la mettre dans le show, a-t-il dit. C'est quelque chose de séduisant pour beaucoup d'équipes.»
Il comprend la situation
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Carpentier n'a pas exactement sauté de joie en apprenant que l'équipe avait mis Reed Sorenson sous contrat, mais il a toutefois facilement compris la situation, encore une fois, en regardant dans son passé de pilote.
«Les gens doivent comprendre que c'est une chose complètement normale en course automobile, a-t-il indiqué. Le contexte économique est difficile pour toutes les écuries. Si des commanditaires tels que la U.S. Army se cherchent une équipe et que ça prend un pilote américain, c'est normal qu'ils se mettent en position pour l'obtenir.
«Ça m'est arrivé par le passé de trouver un volant à cause d'une condition imposée par le commanditaire. Ça fait partie de la vie de pilote.»
Quant au reste de la saison, Carpentier garde le cap. Si le ton est moins résigné qu'après sa non-qualification à Bristol, le message est le même.
«La seule chose que je peux faire et que je vais faire, c'est continuer à apprendre, à m'améliorer et à faire le mieux possible dans la voiture, a-t-il souligné. Même si c'est Sorenson qui se retrouve dans la voiture no 10 l'an prochain, l'équipe a tout avantage à ce qu'on soit le plus près possible ou même parmi les 35 premiers dans les points.
«Si ce n'est que pour ça, je sais qu'ils vont continuer à me donner un bon équipement et que je vais pouvoir faire tout en mon pouvoir pour bien le faire fonctionner.
«Mieux je parais, mieux c'est pour eux... et mieux c'est pour mes pourparlers avec les autres équipes !», a-t-il conclu.