On mentionnait en début de semaine que la chasse aux joueurs autonomes allait cette année nous en dire long sur les talents du directeur général des Penguins de Pittsburgh, Ray Shero. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le patron de Michel Therrien n'a rien cassé jusqu'ici.
Quand midi a sonné mardi, Shero avait cinq joueurs autonomes à protéger ou à remplacer: les attaquants Marian Hossa, Ryan Malone, Jarko Ruutu et Pascal Dupuis, ainsi que le défenseur Brooks Orpik.
Hossa (Detroit), Malone (Tampa Bay) et Ruutu (trois ans à Ottawa pour 3,9 M$) ont pris la poudre d'escampette et Shero est à peine parvenu à sauver les meubles en concluant des ententes avec Dupuis et Orpik, ce dernier ayant accepté hier un contrat de six ans d'une valeur de 22,5 millions.
Des félicitations, mais...
À Pittsburgh, hier, on se félicitait d'avoir pu prolonger le contrat de «Gino» Malkin pour cinq ans (43,5 M$) et on se félicitera sans doute quand la prolongation de contrat de Marc-André Fleury sera officialisée, au cours des prochaines heures.
Le fait demeure, les finalistes de la coupe Stanley sont pas mal moins menaçants aujourd'hui qu'ils ne l'étaient à la fin des séries éliminatoires. Qui prendra la place de Hossa (le meilleur buteur de l'équipe en séries), de Malone (un attaquant de puissance de premier plan) et de Ruutu (un agitateur et un joueur défensif efficace)?
Il ne faut pas oublier que les Penguins doivent aussi combler le départ du vétéran Gary Roberts, dont la présence physique était appréciée de ses coéquipiers sur la patinoire.
Leur gardien réserviste Ty Conklin, qui avait sauvé leur saison pendant la longue convalescence de Fleury, a aussi mis les voiles pour rejoindre les Red Wings de Detroit.
... plus loin de la coupe!
Il y a un mois, les Penguins touchaient la coupe du bout des doigts. La profondeur qu'ils ont perdue aux quatre coins de la LNH au cours des 48 dernières heures les a fait reculer de deux pas.
Il reste de grosses prises sur le marché. Shero aura-t-il l'occasion de se refaire au cours des prochaines heures ? Il ne lui reste pas beaucoup d'argent à dépenser. Et jusqu'à présent, à côté du travail accompli par son rival Ken Holland, il ne paraît pas bien du tout.
Si le directeur général des Penguins ne parvient pas à corriger le tir de façon importante au cours des prochains jours, il sera intéressant de voir comment Pierre McGuire, qui figure parmi ses meilleurs amis, commentera sa performance sur les ondes de la télé canadienne anglaise.
Durant la finale de la coupe Stanley, McGuire a plusieurs fois vomi sur le travail accompli par Michel Therrien (qui, en passant, n'a toujours pas de prolongation de contrat en poche).
Pourtant, cette semaine, si la qualité des manœuvres de Shero avait été à la hauteur du travail de Therrien, son club serait en bien meilleure posture.