Antonin Décarie a dû puiser jusqu'au fond de ses ressources pour parvenir à remporter le combat le plus significatif de sa jeune carrière professionnel, hier après-midi dans le ring du Cabaret du Casino de Montréal.
Le pugiliste montréalais a conquis le championnat nord-américain des poids mi-moyens (147 livres) de la NABO (sanctionné par la WBO), en disposant aux points du coriace boxeur américain Brian The Golden Greek Camechis par décision unanime des juges en 12 rounds.
Les juges Benoit Roussel, Pasquale Procopio et Robert Hoye ont tous favorisé Décarie par des scores respectifs de 115-112, 117-110 et 116-111.
Après deux rounds très offensifs et passablement corsés, Décarie est devenu plus stratégique au cours du troisième round, ce qui lui a permis de percer davantage la défense de Camechis.
Au quatrième round, Décarie (19-0-0) a expédié Camechis (17-1-0) au tapis, avec un crochet au corps.
Mais au cinquième, le boxeur québécois a été ébranlé et a visité le canevas à son tour. Visiblement dans l'impasse, Décarie, qui semblait avoir les jambes molles, a dû retenir Camechis à plusieurs reprises.
Décarie a pu reprendre le contrôle du combat au sixième round et a bien dominé les septième, huitième, neuvième et 11e.
Camechis a été particulièrement efficace aux deuxième, cinquième, 10e et 12e rounds.
«J'étais tout à fait convaincu de ma victoire avant l'annonce du verdict, mais je vous avoue que j'en ai sué un coup», avouait Décarie à l'issue de l'affrontement.
«Ce n'était pas seulement le combat le plus important de ma carrière, c'était aussi le plus éprouvant. J'ai souffert à l'entraînement pour avoir l'énergie nécessaire pour tenir tête à Camechis durant 12 rounds, et j'ai souffert tout autant durant le combat. Camechis est hargneux et tenace sans bon sens.»
Décarie a donné ses sueurs froides à ses hommes de coin durant le cinquième round.
«Au quatrième, j'ai fait crouler Camechis avec un bon crochet au corps et, au round suivant, c'est lui qui m'a fait tomber en me pinçant avec un crochet de gauche à la tête, expliquait Décarie.»
«C'était la première fois de ma carrière que je me retrouvais au tapis. J'avais les jambes un peu molles après cette chute, et c'est pourquoi j'ai frustré Camechis en le retenant autant que je le pouvais. J'ai retrouvé immédiatement mes esprits et mes énergies. J'ai d'ailleurs bien dominé Camechis par la suite.»
Cette conquête de la ceinture nord-américaine de la NABO assure d'une Décarie éventuelle présence dans le top 15 des classements mondiaux de la WBO.
«Je ne voulais pas parler de ma présence dans le classement mondial avant d'avoir gagné ce combat, mais je peux en parler maintenant, mentionnait le protégé du groupe GYM, qui travaille sous la férule de l'entraîneur Marc Ramsay. Comme je suis assuré d'être classé parmi les 15 premiers aspirants au titre mondial des poids mi-moyens de la WBO, je peux parler de l'élite mondiale.»
«J'espère réellement avoir ma chance de disputer un combat de championnat du monde en 2009. Certains me comparent au Éric Lucas de 1995, 1996 ou 1997, et je veux suivre ses traces.»