Le face-à-face entre Carey Price et Martin Biron ne se déroule pas du tout comme prévu.
Avant le début de la série entre le Canadien et les Flyers, tout le monde s'accordait pour dire que Price était supérieur à Biron, malgré sa courte expérience. Mais ce n'est pas ce qui se passe.
Après trois matchs, force est d'admettre que Price n'arrive pas à la cheville de Biron qui, encore une fois hier soir, a été l'inspiration des siens dans une victoire de 3 à 2 au Wachovia Center.
Envers et contre tous, les Flyers ont pris les devants, 2 à 1, sur le Tricolore dans cette demi-finale de l'Association de l'Est qui se poursuivra demain soir à Philadelphie.
S'il n'y a pas encore lieu de paniquer, les troupiers de Guy Carbonneau ne se retrouvent pas moins dans une position fort inconfortable.
Disons qu'une victoire dans le quatrième match serait un bon tonique pour le moral des troupes avant de revenir à Montréal.
Trois buts sur six tirs
Mais revenons à Price. La recrue de 20 ans a connu une deuxième période difficile pendant que ses coéquipiers continuaient à dominer le jeu.
Déjoué trois fois sur les six premiers tirs des Flyers dans cet engagement, il a été remplacé au début du troisième tiers par Jaroslav Halak, dont il s'agissait de la première présence dans un match depuis un mois.
Le Canadien a profité d'une pénalité de cinq minutes au vétéran défenseur Derian Hatcher en troisième pour réduire l'avance des Flyers à un but grâce à des filets d'Andrei Markov et de Saku Koivu en l'espace de 72 secondes.
Une autre supériorité numérique lui a été accordée avec six minutes à faire en troisième, mais les Flyers ont tenu le coup tant bien que mal.
À la fin du match, le chiffre des tirs était de 34 à 14 en faveur du Canadien pour un total de 70 à 37 dans les deux dernières rencontres.
Mais la marque penchait de nouveau en faveur des Flyers.
Pas de commentaires
Price a mal encaissé le coup. Il a refusé de se présenter dans le vestiaire après le match pour répondre aux questions des journalistes.
Pour leur part, ses coéquipiers se sont portés à sa défense, ce qui était prévisible.
«Je ne pense pas qu'on puisse blâmer Carey», a déclaré le vétéran défenseur Roman Hamrlik.
«L'équipe doit mieux jouer, moi le premier. On a connu encore un mauvais départ en accordant les trois premiers buts.
«Dans les deux premiers matchs à Montréal, on accusait un déficit de deux buts avant de revenir dans la rencontre.
«On a eu nos chances en première période, mais on n'en a pas profité. On a bousillé notamment une supériorité numérique de deux hommes de deux minutes.»
Encore des chances ratées
Comme dans le deuxième match samedi dernier à Montréal, le Canadien a frappé le poteau à deux reprises en première sur des tirs de Markov et de Maxim Lapierre.
En sortant du banc des pénalités, Koivu s'est pour sa part présenté seul devant Biron qui a harponné la rondelle avec son bâton, un truc que Johnny Bower effectuait à perfection avec les Maple Leafs de Toronto dans les années 1960, se rappelleront les amateurs qui ont vécu l'époque de la LNH à six équipes.
Il y a eu aussi cette double supériorité numérique de deux minutes dont Hamrlik a fait état.
Fauché par Downie
Avec deux minutes à faire à la période initiale, Steve Downie a fait trébucher Price en tirant sur sa jambière gauche avec son bâton, ce qui a provoqué une échauffourée.
On ne sait pas si cet incident a dérangé Price, qui a perdu son masque lors de cette séquence, mais il n'était plus dans le coup en deuxième.
Ryan O'Byrne lui voilait partiellement la vue sur le premier but inscrit par Scottie Upshall, mais le tir aurait pu être arrêté.
Price a mal paru sur le but suivant réussi par Mike Richards au cours d'une infériorité numérique et n'a pas paru beaucoup mieux sur celui de R.J. Umberger dans les derniers moments de la période médiane.
Cette défaite est la première du Canadien en séries à Philadelphie depuis le 4 mai 1987. Il présente maintenant une fiche de 9-2 au domicile des Flyers dans les séries.