«L’important c’était de gagner» -Carey Price

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Carey Price © Photo Paul Chiasson/LA PRESSE CANADIENNE

Charles-André Marchand

Carey Price a peut-être concédé dix buts lors des cinquième et sixième matchs de la série, mais les deux jeux blancs qu’il a signés auront probablement fait la différence.

Mais le principal intéressé ne semble pas trop s’en soucier. «C’est bien beau le jeu blanc, mais l’important c’était de gagner et de passer à la ronde suivante. Une victoire de 10 à 9 aurait fait pareil», affirmait Price le plus calmement du monde après le match.

Quand un journaliste lui a demandé s’il dormirait mieux ce soir, il l’a regardé avec étonnement: «Pourquoi? J’ai très bien dormi hier soir.»

Une équipe de caractère

Selon Price, les joueurs du Canadien ressortent de cette série plus unis que jamais: «Nous avons eu quelques matches difficiles, mais nous sommes revenus en force. Cela vous démontre le caractère de ce groupe. Il n’y a personne qui abandonne, personne qui veut abdiquer ici. Tous les joueurs ont donné tout ce qu’ils avaient et nous sommes restés debout dans la tempête».

La série a certes été plus longue que prévu, mais pour Price, c’est peut-être un mal pour un bien: «Nous sommes en séries éliminatoires et en séries éliminatoires il y a toujours davantage d’adversité. Cette adversité forgera davantage notre caractère pour la suite des séries.»

Barrière psychologique

Saku Koivu croit d’ailleurs que le Canadien vient de surmonter une barrière psychologique. «La première ronde des séries éliminatoires est souvent la plus difficile à vivre mentalement. C’est encore plus difficile face à une équipe comme les Bruins, que nous avions battu toute l’année et contre qui nous avons gagné les deux premiers matchs de la série. Alors, oui, sur le plan psychologique, je crois que nous sommes une bien meilleure équipe à partir de ce soir.

«Nous n’avons pas plus de talent, mais nous savons désormais que nous pouvons nous pousser à la limite. Maintenant que nous avons tous vécu ensemble un septième match, nous savons à quoi nous attendre si ça devait arriver à nouveau.»

Les jeunes ont appris

Alex Kovalev est désormais invaincu en six participations à un septième match de séries éliminatoires: «Il faut que ça reste comme ça», a-t-il lancé aux journalistes qui lui rappelaient ce fait d’armes. Plus sérieusement, Kovalev croit aussi que le Canadien a beaucoup grandi dans cette série plus difficile que prévu.

«Ce soir, comme ce fut le cas lors de la première rencontre, nous avons vraiment joué notre match. Nous avons imposé notre rythme, notre style de jeu. Dans les autres matchs de la série, nous avons trop souvent essayé de leur montrer que nous pouvions les battre à leur propre jeu.

«Notre style est d’établir un rythme rapide. Nous aurions tous préféré en finir plus rapidement, mais pour les jeunes, c’est parfois plus profitable une longue série qu’une série qui se termine en quatre matchs. Ils ont beaucoup appris en sept matchs», affirme l’Artiste.

Repousser les limites

Guy Carbonneau, l’entraîneur-chef, est le premier à admettre qu’il aurait préféré éliminer les Bruins en quatre matchs. Il est aussi le premier à répéter qu’il se prépare toujours en vue de séries qui se termineront à la faveur d’un septième et ultime match.

Cela dit, quand on lui demande ce que ses joueurs auront appris d’une telle série, sa réponse ne tarde pas: «Les joueurs ont réalisé jusqu’où il faut que tu pousses pour gagner en séries. Nous avions déjà bien établi le concept d’équipe, nous savions que nous avions du caractère.

«Mais là, les joueurs savent jusqu’où ils doivent puiser dans leur énergie pour aller plus loin. Et quand je dis ça, je ne veux rien enlever aux Bruins. Boston a accompli un travail extraordinaire.

«Mais nous avons bien répondu et c’est certainement une expérience profitable pour notre équipe».

Une cravate qui fait jaser

La cravate multicolore et, avouons-le, franchement hideuse, qui porte chance à Guy Carbonneau est invaincue en trois sorties. Cette dispendieuse cravate signée Hermès, que lui a offerte sa conjointe lors de son anniversaire de naissance, fait beaucoup jaser.

L’entraîneur la portait lorsque le Canadien a remporté le match lui assurant le Championnat de conférence, puis lors du premier match de cette série et finalement, ce soir, lors du septième match. «Je vais la porter à nouveau c’est certain», a répondu Carbonneau à un collègue qui lui demandait s’il entendait l’arborer à chaque match. «Non, pas à chaque match, mais en temps opportun», a-t-il répondu mi-figue, mi-raisin.

Dans le vestiaire, les joueurs parlent de cette fameuse cravate non sans amusement. «Ce n’est pas vraiment une cravate très jolie, avoue Mark Streit, mais elle est très importante!»


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