«Mon plan doit être repensé au complet» -Alexandre Despatie

Plongeon

Alexandre Despatie ©(Photo Canoë)

François Foisy
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 15-04-2008 | 10h05

Botte protectrice au pied et béquilles aux mains, Alexandre Despatie a l'air de tout sauf d'un athlète olympique ces jours-ci.

Le plongeur, qui s'est fracturé un pied jeudi dernier à l'entraînement, garde le moral, mais on le sentait encore un peu ébranlé par sa mésaventure hier, lorsque rencontré dans un événement de presse à Montréal.

Une fracture à quatre mois des Jeux olympiques. La hantise de n'importe quel athlète.

«C'est arrivé durant l'échauffement, a raconté le plongeur de Laval, médaillé d'argent aux Jeux d'Athènes en 2004 et espoir de médaille à Pékin au tremplin de trois mètres, tant au plan individuel qu'en duo avec Arturo Miranda.

«Avant le début de l'entraînement, en sautant, je suis retombé avec tout mon poids sur un pied, qui était un peu de côté. J'ai entendu et senti un crac. Je l'ai su tout de suite. J'ai tenté de me relever pour marcher, mais j'ai vite constaté que je ne le ferais pas.»

Le diagnostic a été sans pitié : fracture du cinquième métatarse du pied droit. Convalescence : de quatre à six semaines. Un sérieux frein à son entraînement pré-olympique.

«C'est dur, a tranché le plongeur de 22 ans. J'avais un plan dans ma tête, mais là, il doit être repensé au complet. Cette blessure signifie que je ne participerai à aucune autre compétition cette saison à part les essais olympiques (NDLR : du 20 au 22 juin, à Victoria). Ça va être difficile parce que j'aime bien la compétition.»

Comme un défi

Despatie se retrouve donc devant un défi de taille, probablement le plus grand de sa carrière: se présenter aux Jeux olympiques après une préparation amputée de plusieurs semaines. D'autant plus qu'il comptait profiter des compétitions au programme des deux prochains mois pour évaluer ses principaux rivaux ainsi que lui-même.

«Ça va être difficile, a-t-il admis. Ça l'est présentement parce que c'est encore tout frais, parce que je suis encore dans cette période où je ne peux toujours pas mettre de poids sur mon pied, alors, pour l'instant, c'est dur d'être positif.

«Mais je vois ça à long terme, a-t-il ajouté. Oui, je pense que ce sera probablement mon plus gros défi, d'arriver aux Jeux comme ça, après une préparation comme je n'en ai jamais connu avant. Je le vois quand même positivement, après y avoir repensé et en avoir parlé. Je prends ça davantage comme un test, un obstacle, un défi de plus à surmonter.»

En tirer profit

Despatie, qui a notamment raté une grande portion de la saison 2006 en raison de malaises au dos et au cou, jure en effet qu'il tirera profit du malheur qui le frappe.

«Je vais revenir plus fort mentalement, a-t-il affirmé, plus concentré sur ce que j'aurai à faire. Dès que mon pied sera guéri, je vais recommencer à m'entraîner. Je serai en pleine forme une fois aux Jeux, ça, c'est certain à 100 %.»

D'ailleurs, Despatie, qui a pris part aux Jeux de Sydney puis à ceux d'Athènes, n'a pas cessé toutes ses activités depuis sa blessure. «Déjà en sortant d'ici, je vais m'en aller à la piscine, a-t-il dit hier. C'est sûr que je ne pourrai pas faire grand-chose, mais je veux m'assurer qu'une fois que mon pied sera guéri, je n'aurai pas trop pris de retard.

«Ce n'est pas la fin du monde, a-t-il résumé. J'essaie de voir ça positivement.»


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