Guy Carbonneau, ni personne d'autre, n'a besoin de dire à Tomas Plekanec qu'il ne joue pas à la mesure de son talent depuis le début des séries éliminatoires.
Le joueur de centre tchèque ne s'est pas épargné quand on lui a demandé son évaluation de sa tenue dans les trois premiers matchs de la série contre les Bruins.
Remarquez bien qu'on ne s'attendait pas à moins de sa part, car à l'instar de Chris Higgins, Plekanec a tendance à s'autoflageller sévèrement. Son choix de mots a toutefois étonné.
On peut même dire qu'il a eu la citation du jour.
«Je ne suis pas heureux de mon jeu», a-t-il dit d'entrée de jeu en présence des nombreux jour nalistes dans l'étroit vestiaire des visiteurs au Garden de Boston.
«Je ne joue pas bien. Je joue comme une fillette !» a-t-il lancé en guise de punch.
Disons que dans le monde macho du hockey, sa déclaration détonne.
Surveillance accrue
Guy Carbonneau a eu un sourire quand on lui a rapporté les propos du joueur de centre de son premier trio.
«Tomas sait qu'il peut faire mieux», a-t-il commenté.
«Les joueurs comme lui doivent comprendre que le jeu est plus serré dans les séries. En saison régulière, ils ont plus d'espace de manoeuvre et plus de temps pour effectuer des jeux.
«Tomas n'est pas le seul jouer à faire l'objet d'une plus grande surveillance.»
Ses ailiers Alex Kovalev et Andrei Kostitsyn ont droit au même traitement.
Les Bruins font du bon travail puisque les trois joueurs totalisent seulement cinq points dans les trois premières rencontres.
«Ils sont surveillés de plus près, surtout à Boston où Claude (Julien) accomplit de l'excellent travail pour leur opposer le trio qu'il désire», a continué Carbonneau.
«Quand cela se produit, il faut mettre un peu de talent de côté et déployer un peu plus d'efforts.»
La présence de Koivu soulagerait
L'absence de Saku Koivu est un autre facteur qui favorise les Bruins.
«Ça met plus de pression sur nos autres joueurs, a repris Carbonneau.
«Dans les séries, les trios de travailleurs sont ceux qui obtiennent le plus de succès. C'est normal.»
Plekanec, qui ne montre aucun but à sa fiche en neuf matchs dans les séries, est conscient que les résultats passent par le travail.
«Je dois foncer plus au filet», a-t-il avoué.
«Notre trio fait l'objet d'une plus grande surveillance qu'en saison régulière, mais on s'y attendait.
«On devra trouver une façon de s'en sortir. Il faudra se montrer plus affamés.»
L'attaque massive ne tire pas assez
Les membres de l'attaque massive devront déployer aussi plus d'efforts.
Unité la plus productive de la Ligue nationale au cours des deux dernières saisons, elle se retrouve au dernier rang depuis le début des séries avec un seul but en 18 supériorités numériques pour une moyenne d'efficacité de 5,6 pour cent.
«On doit tirer plus au filet», a expliqué Plekanec. Mark Streit partage cette opinion.
«C'est important de bien faire circuler la rondelle et d'avoir toujours un joueur devant le filet», a-t-il indiqué.
«Les Bruins se sont ajustés à notre jeu, mais c'est à nous d'apporter des correctifs pour générer des occasions de marquer.»