«Je ne suis pas parfait» - Saku Koivu

Débat

Koivu comprend la situation du français au Québec. © PC/Paul Chiasson

Pierre Durocher
Le Journal de Montréal

Au lieu de parler de la visite des Flyers et de Daniel Brière, Saku Koivu a surtout été questionné hier sur la langue française, qu'il ne parvient toujours pas à apprendre malgré 12 saisons passées à Montréal.

Il a suffique Pauline Marois, la chef du Parti québécois, émette un commentaire à l'effet que la direction du Canadien devrait aider les joueurs à apprendre le français pour que le débat de la langue refasse surface dans le vestiaire du Tricolore.

Koivu était prêt à faire face à la musique lorsqu'il a vu la meute de journalistes se diriger vers lui après la séance d'entraînement. Le capitaine n'a pas cherché à se défiler.

La Finlande: un pays bilingue

Le joueur finlandais de 32 ans sait fort bien que ce dossier sera toujours chaud à Montréal. Il y aura toujours des gens pour lui reprocher de ne pas parler français, lui dont l'épouse Hanna, une Finlandaise, parle bien la langue de Molière.

«Je ne peux rien faire au sujet des commentaires émis par les politiciens, a commencé par dire Koivu. Ces critiques me dérangent un peu, mais je comprends à quoi ces gens veulent en venir.

«Je suis originaire d'un pays, la Finlande, qui est bilingue, a-t-il continué. La langue suédoise est parlée par la minorité et il y a des gens qui se battent pour qu'elle survive en Finlande. Le Québec vit aussi une situation de bilinguisme.»

Ses enfants parlent français à la garderie

Koivu, qui passe ses étés en Finlande, a admis qu'il aimerait parler français et il a aussi reconnu que Bob Gainey constitue un bon exemple, ce dernier ayant su apprendre le français quand il jouait pour le Canadien et pour les Écureuils d'Épinal, en Suisse.

«Je suis en mesure de parler en français avec des enfants lors d'une visite dans un hôpital, par exemple, mais je ne me sens pas capable de le faire avec les journalistes», a-t-il expliqué.

«Ça ne me donnerait pas grand-chose de vous dire bonjour, comment ça va, et de passer ensuite à l'anglais pour le reste de l'entrevue.

«Je pense que je m'implique beaucoup au sein de la communauté montréalaise, a-t-il souligné. C'est ma façon de démontrer que j'aime Montréal.

«Idéalement, je devrais parler français, but I'm not perfect (mais je ne suis pas parfait). J'ai eu de la difficulté à apprendre l'anglais à mon arrivée ici en 1995.

«Mes deux jeunes enfants, Ilona et Attos, vont à la garderie et ils parlent mieux le français que le finnois. Qui sait, c'est peut-être en parlant en français avec mes propres enfants que je vais me familiariser avec la langue!»

Il a dit en riant qu'il lui arrive de parler en français avec Hanna... dans des moments intimes!

Des ajustements seront apportés

Koivu a rappelé que lorsqu'il jouait en Finlande, il y avait des Suédois dans son équipe et ils ne parlaient pas le finnois.

«Ça ne me dérangeait pas parce que l'important était d'avoir de bons joueurs pour former une équipe gagnante. La LNH a beaucoup changé. Il y a de plus en plus d'Européens et les joueurs changent souvent d'équipe.»

Koivu a été la cible de critiques dans la presse lorsqu'il a conclu la présentation des joueurs du Canadien sur l'écran géant lors du match d'ouverture avec ce message servi uniquement en anglais: «This is my team (Voilà mon équipe)».

Personne dans le service de marketing ou de relations publiques n'avait pensé à lui demander d'y aller de quelques mots en français.

«La situation sera corrigée la prochaine fois que je présenterai les joueurs. Je dirai quelques phrases en français», a promis Koivu.


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