Un séjour à Hamilton lui permettra-t-il de revenir ailleurs dans la LNH ou de jouer pour le Canadien?
En regardant Joël Bouchard monter à bord de sa voiture pour rejoindre les Bulldogs de Hamilton hier après-midi, on ne pouvait que sincèrement lui souhaiter de fouler à nouveau, et très bientôt, les patinoires de la LNH.
Comme l'annonçait notre confrère Marc de Foy dans notre numéro d'hier, Bouchard a signé une entente qui le lie aux Bulldogs pour 25 matchs. Cette association est en quelque sorte un échange de bons procédés.
La venue de Bouchard permettra à l'organisation du Canadien de combler un vide à la ligne bleue au sein de son clubécole.
La défection de Jamie Rivers ainsi que des blessures subies par Mathieu Carle (genou) et Mathieu Biron (hanche) causaient des problèmes aux Bulldogs.
De l'autre côté, cette entente permet au défenseur de 33 ans de se remettre en forme après avoir été victime d'un mystérieux virus contracté au camp des Blue Jackets de Columbus.
Bouchard continuera aussi de jouir d'un statut de joueur autonome si une formation de la LNH se montre intéressée à ses services. Aux prises avec diverses blessures, Bouchard n'a pris part qu'à 25 matchs au cours des trois dernières saisons.
Le meilleur endroit
Mais la manière dont il s'est comporté durant trois matchs préparatoires au camp des Blue Jackets - malgré le virus qui le tenaillait - l'a convaincu qu'il avait encore sa place dans la LNH.
«Pour moi, Hamilton était le meilleur endroit où aller. Ça me permet d'aider les jeunes défenseurs de l'équipe de ma ville et de me remettre en forme.
«Le rythme de la LNH (trois matchs de suite et cinq jours de congé) me permet de prendre soin de moi, de me reconstruire.
En plus, il y a beaucoup d'éclaireurs professionnels qui assistent aux matchs des Bulldogs. Ça me permettra de me faire voir», a expliqué le sympathique animateur de l'Académie McDonald's.
Avec le Canadien?
Bouchard a répété à plusieurs occasions qu'il ne se rend pas à Hamilton avec l'idée de se tailler un poste avec le Canadien. Il a toutefois précisé que cette éventualité a déjà été négociée entre les parties.
«Ça change parfois vite dans le hockey. Les mois qui comptent le plus sont décembre, janvier, février, mars et les séries éliminatoires...»
Dans sa tête,Bouchard n'a aucun doute: il peut tirer son épingle du jeu dans la LNH.
Il refuse donc de signer un contrat ferme à deux volets avec quelque organisation que ce soit.
Il a d'ailleurs refusé de le faire à Columbus.
«Dans mon cas, ce n'est pas une question de calibre mais plutôt une question de blessures, et je comprends les équipes d'être prudentes. Je ne joue pas au hockey pour l'argent. Signer une entente de 25 matchs, ça me permet de rentrer chez moi si je ne suis pas capable de performer. Je ne veux prendre l'argent de personne.
«C'est la dernière chance que je me donne de revenir dans la LNH. C'est un privilège de faire partie des 700 meilleurs joueurs du monde. Si je peux le faire, tant mieux. Sinon, ce sera tant pis pour moi et je ferai autre chose dans la vie.»
En 364 matchs dans la LNH, Bouchard a inscrit 22 buts et 53 passes, pour un total de 75 points.
Voilà un chic type que ne l'a pas eu facile. Ce serait bien de le voir terminer sa carrière sur une bonne note.