Bergeron a démoli les trophées de son père

Boxe

 

DANIEL CLOUTIER
Le Journal de Montréal

Deux éléments majeurs ont conduit le poids lourd québécois Jean-François Bergeron vers une carrière de boxeur professionnel : le film biographique de Muhammad Ali... et le fait d'avoir été la progéniture d'un ancien boxeur.

Le père de Jean-François, Maurice, a remporté deux championnats du Québec et un championnat de l'Est canadien au début des années 1970.

«Mon père n'était pas un vilain boxeur, il a remporté plusieurs trophées à Saint- Jérôme, et c'est en le suivant au gymnase, pour aller le regarder s'entraîner, que j'ai commencé à développer le goût de boxer, affirme le poids lourd gaucher de Saint- Jérôme. Mais c'est le visionnement du film biographique sur la vie de Muhammad Ali qui m'a réellement fait passer de l'intention aux actes. Je l'ai fait à 17 ans, en fréquentant un club de boxe à Mont- Rolland.»

Bergeron a finalement disputé 85 combats amateurs (70-15). Il a remporté six titres canadiens et six tournois internationaux, a participé à trois championnats du monde, ainsi qu'aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta (élimination au premier tour).

Lorsqu'il avait quatre ou cinq ans, Bergeron aimait beaucoup toucher aux trophées de boxe remportés par son père.

«Mon frère Charles et moi passions notre temps à toucher aux trophées de mon père, dit-il. On a fini par les échapper, les endommager et même les démolir complètement!»

Maurice, qui n'en veut pas à ses fils d'avoir détruit ses souvenirs de boxe, affirme qu'il n'a pas tardé à constater que Jean-François allait devenir meilleur que lui.

«J'ai gagné deux tournois des Gants dorés québécois dans la division des poids mi-lourds (175 livres) au début des années 1970, et j'ai même remporté un championnat de l'Est du pays, affirme Maurice, qui est maintenant âgé de 58 ans. Mais j'ai vite réalisé que mon fils allait devenir nettement meilleur que moi. À 17 ans, Jean-François ne faisait que commencer à boxer et il devait mettre la pédale douce pour ne pas me faire mal à l'entraînement.»

Un géant

Samedi, Maurice et sa femme Nicole auront une vingtaine d'invités à la maison, à Saint-Jérôme, au moment où TVA diffusera cet affrontement qui opposera leur fils au boxeur possédant le plus gros gabarit sur la planète, le Russe Nikolay Valuev (sept pieds, 330 livres).

«Je serai nerveux, probablement plus que Jean-François, mais je suis convaincu que ma femme le sera beaucoup plus que nous deux, avoue-t-il. Elle va se fermer les yeux lorsque le combat va débuter. Elle n'est pas capable de voir Jean-François se faire frapper. Une mère, c'est une mère!

«Jean-François affronte un géant, et nous savons que ce sera une lourde tâche, mais il a la vitesse et l'intelligence pour surprendre Valuev. Moi, je ne considère pas la partie comme perdue d'avance.»


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