Robinson et Gainey admis dans un club sélect

Hockey

Larry Robinson et Bob Gainey  © PC/Ryan Remiorz

Marc de Foy
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 06-09-2007 | 07h22

Le club très sélect des chandails retirés du Canadien compte deux nouveaux membres. Le Tricolore retirera, au cours de la prochaine saison, le numéro 19 porté par Larry Robinson durant 17 saisons et le 23 endossé par Bob Gainey durant 16 saisons.

Dans le cas de Robinson, les cérémonies se tiendront avant le match du 19 novembre qui opposera le Canadien aux Sénateurs d'Ottawa.

Quant à Gainey, l'hommage lui sera rendu lors de la rencontre qui mettra aux prises ses troupes et les Blue Jackets de Columbus, le 23 février.

La nouvelle a été annoncée en présence des deux anciens joueurs par le président de l'équipe, Pierre Boivin, en fin d'après-midi hier au Centre Bell.

Robinson, dont le numéro n'a été porté par aucun autre joueur depuis la fin de sa carrière avec le Canadien à l'issue de la saison 1988-1989, ne s'est pas gêné pour livrer le fond de la pensée.

«Ça faisait longtemps que j'attendais cette occasion, a-t-il lancé d'entrée de jeu en français. On me demandait souvent quand mon numéro serait retiré. Je n'aurai plus à répondre à cette question. Ce jour est arrivé.»

Sur un ton plus léger, l'ex-grand défenseur a ensuite raconté que son frère Moe, qui a disputé un match dans l'uniforme du Tricolore lors de la saison 1979-1980, l'a maintes fois taquiné à ce sujet.

«Il me disait que son numéro a été retiré avant le mien», a-t-il raconté.

À sa seule sortie dans l'uniforme bleu-blanc-rouge, son frangin, qui jouait aussi à la défense, avait eu l'honneur de porter le numéro 2, dossard retiré en l'honneur de Doug Harvey le 26 octobre 1985.

Un rêve inespéré pour Gainey

Si Robinson a patienté longtemps avant de se voir accorder cette distinction, Gainey ne s'y attendait pas trop avant que la haute direction du Canadien ne lui annonce la nouvelle.

«Ma carrière fut presque un rêve, mais je n'avais jamais rêvé qu'un tel honneur pourrait m'être rendu un jour», a-t-il dit.

Les deux anciens coéquipiers ont remercié les nombreuses personnes qui ont jalonné leur longue carrière sportive.

Gainey est remonté jusqu'à sa tendre enfance alors qu'il jouait comme défenseur avec l'équipe de la paroisse Immaculée-Conception, dans sa ville natale de Peterborough.

Pour sa part, Robinson n'a pas manqué de remercier le vénérable chroniqueur Red Fisher, du quotidien The Gazette, le regretté Ted Blackman, qui a fait carrière dans les journaux et à la radio anglophone à Montréal, ainsi que le collègue Bertrand Raymond pour le rôle joué par ces derniers dans la concrétisation de cette histoire.

Soirées émotives en vue

Robinson, qui reprendra du service derrière le banc des Devils du New Jersey cette saison comme adjoint au nouvel entraîneur en chef Brent Sutter, est émotif.

Il aura la gorge serrée lors du grand soir en novembre. Il n'a pas l'intention d'improviser, de crainte de perdre le fil de ses idées si les larmes lui montent aux yeux.

«Je vais tout écrire sur papier», a-t-il indiqué en riant.

Sa femme, sa fille, son fils et ses trois petits-fils seront à ses côtés.

«Il manquera des personnes chères, a-t-il continué. Je parle de mes parents et d'un de mes frères qui sont décédés. Mais je ne suis pas le seul à vivre des épreuves. C'est la vie. Bob a perdu sa femme et une fille.»

Un oublié

Maintenant que Robinson aura sa bannière aux côtés de celle de son ancien complice Serge Savard dans les hauteurs du Centre Bell, Guy Lapointe reste le seul oublié du fameux Big Three, célèbre trio de défenseurs de la dynastie des années 1970 du Canadien.

L'organisation montréalaise a honoré uniquement Bernard Geoffrion lorsqu'elle a procédé au retrait du numéro 5, dossard porté aussi avec beaucoup de brio par Lapointe au cours de ses 14 saisons passées à Montréal. Qu'en pense Big Bird?

«Malheureusement, ce n'est pas moi qui prends la décision», a-t-il répondu.


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