Jonathan Beaulieu-Bourgault, un nom à retenir

Soccer

 

Martin Smith
Le Journal de Montréal

Le nom Jonathan Beaulieu-Bourgault ne sonne pas de cloche en dehors du monde du soccer, mais ce jeune homme de 18 ans est promis à un bel avenir puisque son présent est déjà très spécial.

C'est lui qu'on voit sur l'affiche géante installée à l'intersection nord-ouest du Parc olympique qui annonce la tenue du Mondial junior.

Beaulieu-Bourgault est aussi un des six joueurs de l'équipe canadienne qui en seront à un deuxième Mondial junior après avoir participé à l'événement en 2005 aux Pays-Bas.

Son talent est suffisamment évident pour qu'il ait déjà été recruté par une équipe allemande, le FC Sankt Pauli, qui passe de la troisième à la deuxième division au cours de la prochaine saison.

Ce qui permettra à Beaulieu-Bourgault d'affronter l'équipe de Kaiserslautern avec laquelle Patrice Bernier, un autre Québécois milieu de terrain comme lui, vient de signer.

Un pilier du Canada

Beaulieu-Bourgault pourrait avoir la «grosse tête», comme on dit, mais c'est tout le contraire.

Très poli, très affable, il a pris le temps de rencontrer les médias montréalais il y a deux semaines avant d'entamer le dernier droit de la préparation de l'équipe du Canada à Edmonton.

«J'ai d'abord été remarqué en étant appelé à la dernière minute pour remplacer un joueur blessé avant le Mondial junior des Pays-Bas, explique-t-il.

«Les équipes nationales m'ont donc beaucoup aidé.»

Beaulieu-Bourgault a fait son premier essai en Europe avec le Sankt Pauli, dont les dirigeants ont été si impressionnés qu'ils l'ont embauché sur-le-champ en septembre 2005 alors qu'il allait entamer sa première session de cégep.

Dans la dernière année de son premier contrat professionnel, le jeune homme apprécie beaucoup la vie à Hambourg, dont le quartier Red Light abrite le club de Sankt Pauli.

«C'est une belle expérience, dit-il.

«J'ai joué seulement quatre matchs mais c'est encourageant, car je suis plus souvent dans le groupe des joueurs habillés pour les matchs que dans la formation de l'équipe réserve.»

Au niveau de l'équipe nationale, Beaulieu- Bourgault souhaite aider le Canada à aller plus loin qu'à son dernier Mondial junior, alors que la sélection nationale n'avait pas réussi à sortir de la ronde initiale.

«Il peut toujours y avoir des surprises chez les juniors, dit-il.

«Il y en a déjà beaucoup au niveau des pays qui se sont qualifiés.

«Autant en Europe qu'en Afrique, les puissances traditionnelles n'ont pas réussi à se qualifier.

«Ça augure bien sur papier mais les matchs se décident sur le terrain.

«On a eu un bon tirage au sort mais on ne peut se permettre de prendre à la légère le Congo, le Chili ou l'Autriche, qui composent notre groupe.

«Ce n'est pas parce que leurs équipes seniors sont moins connues que ces sélections juniors ne sont pas excellentes.»

Comme ses coéquipiers, le jeune Québécois s'attend à pouvoir compter sur la foule à Toronto lors du match initial de dimanche face au Chili et des deux suivants au stade du Commonwealth, à Edmonton.

«On a tous hâte de jouer devant nos partisans et devant les grosses foules prévues», dit-il en souhaitant vivre un scénario permettant au Canada de jouer un huitième de finale ou un quart de finale à Montréal.

Beaulieu-Bourgault ne joue pas à une position qu'on remarque dans un match. Néanmoins, son efficacité pourrait lui permettre de se démarquer.

Quoi qu'il advienne cet été au Canada, retenez ce nom. Il a déjà sa place en Europe.


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