Comme c'est souvent le cas chez les athlètes qui réalisent un exploit à l'autre bout du monde, Karine Sergerie n'a pas encore tout à fait conscience de l'ampleur de sa médaille d'or décrochée, lundi, aux championnats du monde de taekwondo à Pékin.
«Je ne réalise pas encore ce qui arrive, a déclaré Sergerie, jointe à sa chambre d'hôtel, en Chine, hier. Sur le coup, j'étais super contente, mais après, je me suis dit que ce n'était qu'une étape vers mon but ultime, les Jeux olympiques.»
Celle qui a remporté le titre chez les moins de 63 kg s'était fixé cet objectif depuis un bon moment déjà.
«J'en étais à mes troisièmes championnats du monde et j'ai toujours visé le titre, a-t-elle admis. Ce n'est pas que je sois arrogante, c'est que je sais que je peux le faire.
«Quand je suis arrivée dans la ronde des médailles, je me suis souvenue de ma médaille de bronze et je me suis rappelé que ce n'est pas ça que je voulais», a fait savoir l'athlète de 22 ans, originaire de Sainte-Catherine.
Des pensées pour tous
Entraînée par son père, la jeune athlète n'a pu compter sur la présence de ce dernier à Pékin. Elle a plutôt été guidée par l'entraîneur Alain Bernier, un ami de son père.
«J'étais vraiment déçue qu'il ne soit pas là, mais on a parlé tout au long du tournoi, a-t-elle ajouté. Quand j'ai gagné, j'ai pensé à tout le monde qui a été là pour moi tout au long de ma carrière. J'ai même remercié le bon Dieu.»
Même si elle est encore toute jeune, Sergerie caresse ce rêve depuis un bon moment déjà.
«Quand j'étais jeune, je disais à mon père que je voulais être championne du monde, a-t-elle révélé. Il m'a dit : Tu sais que ça va être difficile. C'est à tout ça que j'ai repensé quand j'ai gagné.»