«C'est regrettable que sa réputation ait été mise en doute»

Hockey

 

Marc De Foy
Le Journal de Montréal

C'est clair et limpide dans la tête de Daniel Brière. Pour lui, il est impossible que son ancien coéquipier Shane Doan ait pu proférer les jurons et les propos racistes dont il est accusé.

Le cocapitaine des Sabres ne s'est pas fait prier, hier matin, pour exprimer son point de vue dans ce dossier qui a défrayé les manchettes à l'échelle canadienne cette semaine.

«Aussi longtemps que je n'aurai pas la preuve que c'est lui qui a dit ça (Fucking Frenchmen), il me sera difficile de croire à cette histoire», a déclaré Brière après la séance d'entraînement de son équipe.

Brière pense, comme il avait été rapporté au début de cette saga, que les propos que Doan est accusé d'avoir tenus, ont été lancés par un autre joueur des Coyotes de Phoenix.

Or, dans son procès-verbal des événements, le juge de lignes Michel Cormier a indiqué qu'il avait servi d'abord un avertissement à Ladislav Nagy pour une offense similaire avant de rapporter un épisode identique impliquant cette fois Doan, lors d'un match au Centre Bell, le 13 décembre 2005.

Malgré tout, Brière persiste à croire qu'il y a eu erreur sur la personne.

«Shane est un de mes meilleurs amis, a continué le joueur de centre qui a côtoyé Doan durant six saisons avec les Coyotes de Phoenix.

«Je ne l'ai jamais entendu tenir des propos racistes envers personne, ni même sacrer. Shane est très religieux (on le dit un chrétien repenti). Pour moi, c'est pratiquement impossible à croire.»

Pas même sous le coup de l'émotion

Brière ne pense pas non plus que Doan ait pu être emporté par l'émotion.

«Nous avons passé beaucoup de temps ensemble à Phoenix, que ce soit à domicile à l'extérieur, et je ne l'ai jamais entendu sacrer», a-t-il raconté.

«Je l'ai déjà vu extrêmement frustré, que ce soit sur la glace ou à l'extérieur, et je ne l'ai jamais entendu dire de gros mots.

«Pour moi, il est donc très difficile de croire qu'il a dit ces choses.»

Doan l'a appelé

Par ailleurs, Brière a confié que Doan lui a donné un coup de fil afin de lui donner sa version dans les jours suivant l'incident.

«Il m'a raconté avoir signalé au moment des incidents que pour ce match à Montréal, les quatre officiels étaient francophones. Il m'a dit qu'il n'aurait jamais dû dire ça», a relaté Brière.

En faisant la même confidence à un journaliste canadien qui l'interrogeait sur cette affaire au championnat du monde, Doan s'est défendu en disant qu'il aurait eu la même réaction s'il s'était retrouvé devant quatre officiels provenant de Californie lors d'une rencontre à Los Angeles ou devant quatre officiels originaires d'Alberta pour un match à Calgary.

À cet égard, on a souvent entendu, par contre, de la bouche de dirigeants ou de joueurs du Canadien qu'ils détestaient voir certains officiels québécois assignés à leur match, surtout à Montréal.

Et on nous dit que des dirigeants d'autres équipes n'aiment pas voir non plus des officiels de leur patelin assignés à leurs matchs.

Pour quelle raison?

Parce qu'ils ont l'impression que ces officiels font tout pour que l'équipe adverse ne se sente pas lésée.

À la fin, Brière sympathise avec Doan.

«Ce qui lui arrive est plate, car il est une des meilleures personnes qu'il m'ait été donné connaître», a-t-il continué.

«On peut avoir des doutes dans le cas de certains individus qui ne sont pas toujours honnêtes, des personnes qui frôlent la ligne. Mais dans le cas de Shane, c'est regrettable que sa réputation ait été mise en doute.»


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