Avec l'élimination du Lightning de Tampa Bay, Bob Gainey vient peut-être de dénicher un interlocuteur capable de faire grimper ses factures d'interurbains au cours des prochaines semaines.
Les chances du Canadien d'acquérir un joueur d'impact grâce au marché des joueurs autonomes apparaissant plutôt minces, Gainey devra probablement opter pour une ou des transactions s'il souhaite améliorer son équipe de manière significative.
Dans cette perspective, le directeur général du Tricolore et son homologue de Tampa, Jay Feaster, semblent faits pour s'entendre.
Pour la deuxième année de suite, Feaster a vu sa formation accéder aux séries avec beaucoup de difficulté avant de subir l'élimination au premier tour.
Ce n'est pas compliqué, les deux dernières campagnes ont démontré que les salaires élevés de Brad Richards (7,8 millions), de Vincent Lecavalier (7,167 M$) et de Martin Saint-Louis (6 M$) nuisent à la compétitivité du Lightning parce qu'ils obligent Feaster à les entourer de joueurs marginaux. La série opposant le Lightning aux Devils l'a d'ailleurs amplement démontré.
Aucune chance de progrès
En plus, le Lightning ne présente aucune perspective d'amélioration à court ou à moyen terme, et ce, pour plusieurs raisons.
D'abord, Richards, Lecavalier et Saint-Louis pourront difficilement mieux jouer qu'ils ne l'ont fait cette saison en étant utilisés à outrance.
Ensuite, l'équipe-école de Springfield est vide. Ses meilleurs joueurs sont âgés de 27 ans et plus et sont définitivement étiquetés «Ligue américaine».
«Nous n'avons rien dans notre équipe-école», confiait récemment un joueur du Lightning.
Enfin, le propriétaire du club, William Davidson, a récemment fait savoir qu'il abaissera sa masse salariale de 42,5 à 40 millions de dollars, la saison prochaine.
Cette décision réduira encore plus la marge de manoeuvre de Feaster, qui est coincé parce que ses engagements envers huit joueurs (Brad Richards, Vincent Lecavalier, Martin Saint-Louis, Vaclav Prospal, Dan Boyle, Filip Kuba, Marc Denis et Karri Ramo) totalisent déjà tout près de 33 millions.
Faites le calcul: il ne restera 7 M$ pour embaucher les 15 joueurs restants. Or, cela serait impossible à faire même si ces 15 joueurs touchaient le salaire minimum de 475 000 $ prévu pour la saison 2007-2008.
C'est donc écrit dans le ciel que Feaster sera forcé de se départir d'au moins un gros salarié pour améliorer son équipe.
Et il est clair que Bob Gainey figure parmi les directeurs généraux les plus en mesure de l'aider à régler son problème. Il est à la recherche d'un joueur d'impact et son organisation regorge de jeunes talents à la fois prometteurs et peu coûteux.
C'est un match parfait, comme on dit. Ça vaut bien quelques coups de téléphone.