Le Daytona 200, hier après-midi, s'annonçait comme une 66e édition mémorable. Les 20 premiers tours ont été disputés à un rythme d'enfer, les sept premiers pilotes changeant de position constamment, mais c'est rapidement devenu l'enfer pour les pilotes de Honda... et pour Miguel Duhamel!
L'histoire retiendra que Steve Rapp a remporté la première victoire d'importance de sa carrière en franchissant la ligne d'arrivée 22 secondes devant son coéquipier Ben Attard, de l'équipe Kawasaki, et Michael Barnes (Suzuki). Pour Duhamel et ses nombreux partisans, ce sera une autre course à oublier, comme l'an dernier.
Il était au plus fort de la lutte, se promenant de la première à la troisième place pendant les 20 premiers tous. À le voir évoluer, on était certain qu'une sixième victoire était à sa portée... comme l'an dernier.
Si, la saison dernière, il n'avait que lui à blâmer, cette fois il a toutes les raisons de blâmer ses employeurs chez American Honda.
Duhamel, Jake Zemke, Aaron Gobert et Joshua Hayes (le champion en titre pour la classe formule Xtreme) se préparaient à leur premier ravitaillement lorsqu'ils ont été victimes du même bobo.
En même temps et presque au même endroit, les trois premiers ont ralenti dramatiquement sur la piste: on était en panne de carburant.
«Une grosse déception, car j'avais probablement la meilleure moto que j'aie jamais eue pour le Daytona 200. J'étais rapide et il n'y a aucun doute qu'après le premier arrêt, j'aurais pu devancer les autres.
«Ce qui me déçoit le plus, c'est que nous avons eu ce problème aux essais et ils ne l'ont pas réglé. C'est impardonnable. Un gros problème, car il restait quatre litres d'essence dans le réservoir. Ça me donne une raison de plus pour revenir une autre année», a conclu Duhamel avant de quitter le circuit.
Picotte septième
Si Duhamel a quitté le circuit floridien extrêmement déçu, l'autre Québécois, Pascal Picotte, avait le coeur plus joyeux.
Au guidon de sa nouvelle Suzuki, préparée par son équipe avec un budget limité comparativement à celui des équipes des manufacturiers, il a terminé cette course de 68 tours en septième place, deuxième parmi les équipes indépendantes!
«Je ne peux pas demander mieux. Tout s'est déroulé à la perfection et dans les circonstances. C'est le meilleur résultat que je pouvais obtenir avec ce dont nous disposions. L'autre bonne nouvelle, c'est que physiquement je n'ai pas souffert», d'expliquer celui qui a raté la majeure partie de la saison en 2006 pour soigner de sérieuses blessures après une vilaine chute.
La journée avait pourtant commencé sur une note positive pour Duhamel. Lors de la course de 15 tours en Superbike, il avait démontré le retour en force des motos Honda face aux dominantes Suzuki.
Pendant que le multiple champion Matt Mladin chutait avant de se relever et de finir 10e, Duhamel - parti de la deuxième ligne - a connu un excellent départ pour suivre le rythme imposé par Ben Spies, le champion en titre de cette classe de l'AMA.
«Je suis très heureux, car on vient de prouver que cette année on ne sera pas juste une moto de plus sur la grille, on va pouvoir se battre pour la victoire», a expliqué Duhamel après cette épreuve où il a terminé à trois secondes du vainqueur, mais neuf devant son coéquipier Jake Zemke.