Erik Guay a inscrit, hier, son nom en lettres d'or dans le grand livre du sport au Québec.
L'athlète de Mont-Tremblant, âgé de 25 ans, est devenu le premier skieur masculin du Québec à rafler l'or en Coupe du monde alpine lors de la sélective descente de Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne.
«Je vis des instants absolument fantastiques qui tiennent même du surréel. Depuis l'âge de 15 ans que je travaille pour remporter une médaille d'or aux championnats du monde ou en Coupe du monde», de déclarer Guay en conférence de presse téléphonique avec les médias canadiens.
Guay a réussi l'exploit à son septième podium et lors de la 77e course de sa carrière au grand cirque blanc.
C'est en levant les bras au ciel et en poussant un long cri qu'il a d'abord célébré en voyant son chrono d'une minute 56,80 secondes réussi devant quelque 40 000 spectateurs et des millions d'autres téléspectateurs sur Eurosport, qui a retransmis l'épreuve en direct.
«Après avoir commis une faute en haut de parcours, je n'étais pas trop sûr, même si j'ai terminé en force. Quand j'ai aperçu mon temps au tableau, je savais que ça pouvait tenir le coup», a-t-il expliqué.
À plus de 100 km/h dans le dernier virage
Parti avec le dossard numéro 25, Guay a devancé le Slovène Andrej Jerman, gagnant la veille, et le Suisse Didier Cuche, le meneur du classement de la spécialité pour la saison, par 50 et 53 centièmes de seconde respectivement.
C'est beaucoup comme marge par une température encore élevée de 14 degrés Celsius.
«Grâce aux produits chimiques étendus sur la montagne, c'était très dur, rapide et bosselé comme surface», a-t-il commenté.
Où Guay, maintenant cinquième en descente et 13e au classement général pour la saison, croit-il avoir gagné sa course ?
«C'est dans le dernier virage très technique. En plus d'une compression, il fallait tourner les skis à toute vitesse (100 km/h et plus) sur la glace pour prendre le virage à 90 degrés. Ça s'est passé dans les détails», a-t-il raconté avec autant de bonheur que de soulagement.
Il croyait depuis la veille en ses chances de victoire.
«Ma médaille de bronze de vendredi dans la neige molle et une position de départ en fond de peloton m'ont fait réaliser qu'il pouvait survenir quelque chose», a-t-il indiqué.
Trois Canadiens dans le top 10
Le succès de Garmisch-Partenkirchen est la confirmation du talent de Guay, mais aussi de sa force de caractère.
Il a vécu plusieurs frustrations, dont deux quatrièmes places aux championnats du monde il y a deux semaines et aux Jeux olympiques de Turin il y a un an.
«J'ai traversé ces moments en transformant la déception en source de motivation», a-t-il avoué.
Il y a aussi connu son lot de blessures en 2003 et encore l'an passé, qui lui ont fait passer 16 mois en béquilles ou en réadaptation.
«J'ai travaillé fort chaque fois pour revenir en me rappelant que les blessures font partie du métier que j'ai choisi. Ce qui m'arrive aujourd'hui prouve que les efforts valaient le coup !» a-t-il mentionné.
La journée d'hier a été celle de Guay et de l'ensemble de l'équipe canadienne. Jan Hudec, de Calgary, a pris le cinquième rang pour inscrire le meilleur résultat de sa carrière, et Manuel Osborne-Paradis, de Vancouver, le septième.
«Je suis d'accord, il survient un changement de garde en Coupe du monde. Je persiste à dire que nous possédons la meilleure jeune équipe», a-t-il conclu.
À ne pas en douter, Erik Guay en est devenu le chef de file avec son troisième podium de suite en Coupe du monde, si on ajoute son résultat de Val-d'Isère à la fin de janvier.
Le Canada compte maintenant dix médailles au total cette saison.