Le premier francophone élu au Panthéon canadien

Pierre

 

François Ferland
Le Journal de Montréal

Pierre Vercheval a vécu de fortes émotions, hier, lorsqu'il a été présenté comme étant parmi les prochains élus au Panthéon du football canadien.

«Je capotais pendant que l'on me photographiait sous tous les angles, en vue de la fabrication du bronze (à son effigie) qui rejoindra les quelque deux cents immortels du football canadien», nous a raconté l'ancien joueur de ligne offensive au cours d'un entretien téléphonique.

Vercheval était à Hamilton, où se trouve le Panthéon du football canadien, en compagnie des quatre autres élus annoncés par la Ligue canadienne, à savoir Darren Flutie, Rocco Romano et Greg Battle, chez les joueurs, et Dave Knight, en tant que bâtisseur.

Ça faisait tout drôle à Vercheval de revoir Battle dans ces circonstances, car ça lui a rappelé ce qui a été pour lui le moment le plus sombre de sa carrière.

«Ma première participation à la finale pour la coupe Grey (avec les Eskimos d'Edmonton, en 1990) est mon plus mauvais souvenir, parce que nous nous sommes inclinés, 50 à 11, face aux Blue Bombers de Winnipeg, et que Battle (un secondeur) m'a fait suer ce jour-là», a-t-il relaté en ricanant.

La piqûre du football...

Vercheval était à Saskatoon, avec l'équipe de RDS, pour le match de la coupe Vanier, quand il a appris l'heureuse nouvelle.

«J'assistais à un entraînement du Rouge et Or (de l'université Laval) quand on m'a joint sur mon cellulaire pour m'apprendre que j'allais être intronisé au Panthéon.»

Puis dans un éclat de rire il a ajouté: «Ça m'a fait chaud au coeur, d'autant plus qu'il faisait -35 cette journée-là !»

La cérémonie d'intronisation aura lieu le 14 septembre, dans le cadre de la fin de semaine du Panthéon, qui sera marquée d'un match entre les Blue Bombers et les Tiger-Cats, à Hamilton.

«À la suite de cet appel, j'ai revu le film de ma carrière défiler dans ma tête en quelques instants», a repris Vercheval.

«Je me suis revu à l'époque où j'étais à Québec, quand j'ai changé d'école afin de pouvoir jouer au football, puis j'ai pensé à mes années universitaires et professionnelles.»

Vercheval avait 15 ans et il étudiait au collège des Jésuites quand s'est prise l'une des plus importantes décisions de sa vie.

«C'est en regardant des matchs de football à la télé que ce sport a attiré ma curiosité.»

Vercheval, qui excellait aussi dans d'autres sports tels que le baseball et le ski, par exemple, a alors eu le goût irrésistible de plonger dans le football, et c'est ainsi que pour ce faire, il s'est inscrit au Petit Séminaire de Québec.

C'est donc là que sa brillante carrière devait prendre racine.

Le moment fort de sa carrière

Le moment par excellence de celle-ci, à ses yeux, est la conquête de la coupe Grey en 1996, avec les Argonauts de Toronto.

«Non seulement parce que ça a été ma première coupe (il devait la gagner la saison suivante, puis en 2002 avec les Alouettes), mais aussi en raison des obstacles que j'avais eu à surmonter», a-t-il poursuivi.

«Au cours du calendrier régulier, j'avais subi une fracture à une jambe, qui m'avait fait rater dix matchs.

«Et d'être l'un des capitaines de l'équipe à recevoir la coupe Grey, après un match disputé pendant que sévissait une tempête de neige (c'était à Hamilton), m'a fait vivre des sensations indescriptibles.»

Premier francophone

À propos de sensations fortes, s'ajoutait hier celle étant que Pierre Vercheval est le premier francophone élu au Panthéon du football canadien.

«J'espère que mon intronisation ouvrira la porte à d'autres», a-t-il dit.

«Quand ma carrière a débuté, Michel Bourgeau (avec les Rough Riders d'Ottawa) et moi étions les deux seuls joueurs francophones dans la LCF. Aujourd'hui, il y en a au moins deux par équipe.»

Le football a tellement progressé au Québec, qu'on peut s'attendre à ce que d'autres francophones de chez nous prennent place aux côtés de Vercheval, au Panthéon.

fferland@journalmtl.com


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