Pierre-Philippe Joncas: une créativité qui s'exprime

Bourse

 

Martin Smith
Le Journal de Montréal

Cette semaine, le patineur artistique Pierre-Philippe Joncas est notre 16e lauréat du concours Bourse d'études jeune athlète.

gé de 21 ans, ce Gaspésien de naissance a su très jeune qu'il préférait les sports individuels aux sports d'équipe.

Il avait à peine huit ans quand il a choisi le patinage artistique pour de bon. Étonnamment, sa soeur Marie-Andrée a plutôt opté pour le hockey. Elle est la gardienne attitrée de l'Avalanche du Québec dans la Ligue nationale de hockey féminin.

Le choix d'études de Pierre-Philippe Joncas reflète son goût pour le travail de création puisqu'il est étudiant en deuxième année au baccalauréat en architecture à l'Université de Montréal.

Voici ce que ce membre du club de patinage lavallois Les Lames d'Argent avait à raconter lorsque nous l'avons rencontré, plus tôt cette semaine.

Q Tu avais plutôt bien réussi la conciliation sport-études jusqu'à récemment, mais tu as subi un choc à ce sujet à la fin de janvier. Peux-tu nous en parler?

R Ma partenaire et mes entraîneurs m'ont annoncé à la fin du championnat canadien que leur association avec moi était terminée. Ma partenaire Émilie (Demers-Boutin) et moi étions favoris après avoir été les seuls Canadiens qualifiés à l'épreuve en couple pour la finale des Grands Prix juniors. Malheureusement, nous avons terminé au 7e rang à Halifax. Toute l'équipe s'est alors réunie. J'ai compris qu'on me lâchait parce que je suis aux études et qu'on croyait qu'il est impossible d'offrir des performances de très haut niveau sportif lorsqu'on étudie à temps plein. Ce fut un choc, mais le plus dur est passé. Je m'entraîne en solitaire pour l'instant et je suis à la recherche d'une partenaire ainsi que d'entraîneurs.

Q Crois-tu que tu seras marqué par le fait que tu veux poursuivre tes études tout en devant passer dans les rangs seniors à partir de la saison prochaine?

R Je ne crois pas. C'est d'ailleurs un bon moment pour que cette brisure se produise puisque la saison de compétition recommence seulement à l'automne. Le problème était que mon ancienne partenaire et les entraîneurs tenaient à ce que je double les heures à l'entraînement. Or, je ne crois pas tellement à la quantité. Je préfère miser sur la qualité. C'était une étape à passer, je me tourne maintenant vers l'avenir avec confiance.

Q Il y a parfois des choix difficiles à faire par rapport aux études. Es-tu convaincu d'avoir fait le bon?

R Je me sens très à l'aise avec ce qui m'arrive. De toute façon, je n'avais pas le choix en ce qui concerne mes études car, en architecture, on doit étudier à temps plein. Pourtant, en plus de mes 10 heures de cours, de mes 10 à 15 heures de travail en atelier et de mes 6 à 10 heures d'études, je passais 15 heures par semaine sur la glace. Juste la dernière saison, ça faisait huit mois sans répit avec l'entraînement, les compétitions et les études. Quand je n'étais pas sur la glace ou à l'université, je dormais. Mais n'allez pas croire que je sois malheureux. Au contraire, c'est un mode de vie que j'adore.

Q Ça doit être spécial pour un étudiant en architecture d'avoir pu vivre des compétitions en Bulgarie, en Chine, en République tchèque et en Hongrie au cours de la seule dernière année?

R On n'a jamais beaucoup de temps libre, mais quand je pouvais en avoir un peu, j'allais me promener pour admirer les plus beaux édifices. J'ai beaucoup aimé le palais royal de Budapest, mais le plus beau souvenir reste une soirée à Ljubljana, en Slovénie. C'est une ville où de nombreux édifices sont de style baroque. En plus, il y avait une grosse tempête de neige. On aurait dit un village de Noël presque féerique.

Q Côté sportif, y a-t-il des couples que tu as admirés plus que d'autres?

R J'ai toujours aimé Lloyd Eisler et Isabelle Brasseur pour leur style et leur envie d'être différents des autres. Ils avaient du chien et étaient dans une classe à part. Ils n'avaient pas peur d'être originaux. S'ils avaient été des architectes, on aurait dit d'Isabelle et de Lloyd qu'ils voyaient le monde autrement, qu'ils avaient un pouvoir d'imaginer des choses spéciales.

Q Tu es maintenant finaliste pour le grand prix du concours du Journal de Montréal. On imagine facilement que toute entrée de fonds est bienvenue dans un sport aussi coûteux que le patinage artistique...

R Le patinage artistique se situe en haut de la liste des sports les plus coûteux. On parle d'environ 25 000 $ par année quand on participe à des compétitions internationales. Si je gagnais le grand prix, c'est sûr que ça nous aiderait, ma famille et moi, à alléger nos dépenses reliées au sport.


Vidéos

Photos