Rien ne va plus dans l'aménagement du mât du Stade olympique. Après cinq ans d'attente et huit des 20 M$ des deniers publics dépensés pour aménager deux étages de la tour, Busac réclame 10,5 M$ pour poursuivre les travaux. Québec refuse de payer ce supplément de 50 %.
C'est dans le contexte de cette impasse que la ministre du Tourisme, Françoise Gauthier, a convoqué cette semaine les autorités de la Régie des installations olympiques (RIO) pour trouver une solution, a-t-elle confié hier au Journal de Montréal.
«Les gens de la RIO convoquent les dirigeants de Busac qui ne se pointent même plus aux rencontres. Il n'y a rien qui bouge. Je veux savoir comment on va faire avancer ça. Le statu quo actuel est inacceptable», a commenté la ministre.
Elle est d'autant plus exaspérée par l'impasse actuelle que le gouvernement a catégoriquement refusé de donner 10,5 M$ de l'argent des contribuables à Busac pour qu'il construise un mur-rideau à la base du mât plutôt que des hublots donnant sur l'intérieur du Stade.
«Depuis ce refus, il ne se passe plus rien», déplore la ministre.
Cinq ans
C'est en mai 2001 que le gouvernement a remis 20 M$ à Busac pour les travaux de modification du mât tout en lui signant un bail emphytéotique de 99 ans.
Sur les 20 M$ remis par Québec à Busac il y a cinq ans, 8 M$ ont été dépensés. Le mode de roulement du funiculaire a été changé pour qu'il soit moins bruyant au coût de 2,5 M$. Le reste a servi à modifier la structure de la tour, installer les cages des ascenseurs et couler deux planchers de béton dans le mât.
Depuis, rien. Pas de travaux. Pas de locataires. Pas de revenus. Selon le bail, Québec devait toucher 1 M$ de revenus par an à compter de la cinquième année de location. Ça fait cinq ans et les travaux ne sont pas plus avancés qu'il y a trois ans.
La ministre ne sait même pas comment elle pourrait récupérer les 12 millions restants dans le compte de banque de Busac qui appartiennent aux Québécois.
Mme Gauthier, une avocate de formation, ne comprend pas comment le gouvernement «précédent» a pu signer un bail emphytéotique de 99 ans avec Busac, en lui refilant en plus 20 M$, sans autres exigences.
«Je n'aurais jamais signé une telle entente», s'insurge la ministre Gauthier. Elle est d'autant plus déçue que le bail ne semble offrir aucune option au gouvernement. Le locataire aurait tous les avantages.
Busac est une filiale du géant américain JEMB Realty, de New York.
La location de la tour
Contrat : 28 mai 2001
Projet : 12 étages transformés en tour à bureaux
Bail de 99 ans
Engagement financier :
- Québec : 20 millions
- Busac : 25,4 millions
Échéancier originel : septembre 2002
Loyer à la RIO : 1 million par an dès 2006, pour 94 ans.*
* Ne se réalise pas