FRIBOURG - David Aebischer se destinait à suivre les traces de son père Cristobal Huet, lui, voulait être professeur en éducation physique.
Comment les mamans de Cristobal Huet et David Aebischer ont-elles laissé leurs fistons devenir hockeyeurs?
Même au Québec, où le hockey est roi, plusieurs mères s'inquiètent lorsque leurs garçons se dirigent vers le hockey professionnel. Comment cela peut-il arriver en France et en Suisse?
«Honnêtement, je ne me suis même pas rendu compte qu'il allait en faire une carrière jusqu'à ce qu'il en soit tout près», confirme Dorly Aebischer, la maman de David.
En bon fils, Aebischer a complété son apprentissage comme installateur en chauffage, tout comme son père Sepp, pendant qu'il se développait comme hockeyeur chez les juniors du Fribourg-Gottéron.
«Mon mari était très heureux qu'il se passionne pour le hockey, mais il a toujours insisté pour que David ait un métier en cas de pépin», rappelle madame Aebischer.
Un job et trois entraînements par jour
Le double apprentissage n'était cependant pas une sinécure. Levé à 6h pour se rendre à vélo au boulot chez Sulzer Chauffage, Aebischer fera, à une époque, trois entraînements par jour: un premier à 10h en plein coeur de sa journée de travail, un autre avec l'équipe professionnelle à 17h et un troisième avec la formation junior élite à 20h.
«Le pire, c'est qu'il voyageait toujours en vélo, dit sa maman. Nous ne nous serions pas opposés à ce qu'il ait un scooter, comme bien d'autres jeunes, mais il disait que le vélo lui donnait un entraînement de plus, que ça le rendait meilleur.»
Pas de sport-études pour Huet
Élisabeth Mathieu, la charmante maman de Cristobal Huet, a de son côté beaucoup insisté pour que son gardien de fils termine ses études. Et de la façon la plus normale qui soit: pas de sport-études pour le petit Huet.
«J'ai toujours voulu qu'il soit comme un autre enfant, dit-elle. Bien sûr, à une certaine époque, il lui a fallu un peu de rattrapage l'été, car le hockey prenait beaucoup de place et Cristobal n'était pas très entiché par les livres. Au moins, il a toujours bénéficié de profs indulgents, et je n'ai jamais eu besoin de lui rappeler que ses études étaient importantes.»
Il reste que, lorsqu'il s'est retrouvé champion de France avec les Brûleurs de Loups seniors en 1998 et que Lugano dans la Ligue nationale de Suisse est venu frapper à sa porte, Huet a dû laisser ses études d'enseignant en éducation physique à l'Université Joseph-Fourier.
«J'étais inquiète qu'il abandonne les études car, pour nous, professionnel au hockey, ce n'est pas grand-chose, affirme la mère de Huet. En fait, je n'ai jamais songé à la LNH jusqu'à ce qu'il soit sélectionné. Au moins, le président de l'université lui a dit que ses notes l'attendraient et ça m'a rassurée.»