Le Canadien pourrait devoir être forcé de réviser l'ordre de ses chandails retirés.
Contrairement à ce qui a été annoncé en fin de semaine dernière, Dickie Moore et Yvan Cournoyer ne sont pas les premières anciennes gloires de l'équipe ayant porté le même numéro à voir leur chandail retiré.
Une recherche dans les archives du Journal de Montréal confirme en effet que le numéro 4 de Jean Béliveau avait été retiré aussi en l'honneur d'Aurèle Joliat, lors d'une cérémonie qui s'est tenue au Forum, le 10 octobre 1971.
Des photos montrent Béliveau recevant son chandail de son ancien entraîneur Toe Blake pendant que Joliat se voit remettre le sien par Gérard Dandurand, dont le père Léo fut propriétaire et directeur général du Canadien dans les décennies 1920 et 1930.
«J'ai toujours eu l'impression que c'est moi qui avais réclamé la présence d'Aurèle à cette occasion, s'est remémoré Béliveau hier.
«Quant à savoir si le numéro 4 avait été retiré pour nous deux, je ne m'en souviens plus très bien. Il faudrait peut-être poser la question à Sam Pollock, qui était alors le directeur général de l'équipe.»
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Pollock ne sait plus trop
Le président du Canadien, Pierre Boivin, surpris de nos informations, a communiqué avec Pollock, qui occupe toujours, à deux mois de son 80e anniversaire de naissance, un poste au sein du conseil d'administration de l'empire Brascan, à Toronto.
«Sam m'a dit que, de mémoire, le retrait des numéros 4 et 16 honorait un seul joueur, mais qu'il n'était pas impossible que l'hommage s'adressait aux deux anciens joueurs présents honorés lors de ces soirées.»
C'est ce que mentionnaient en tout cas les textes du lendemain dans le Journal.
Comme Béliveau, Richard avait reçu son chandail des mains de Blake, qui l'avait dirigé à ses 13 premières saisons dans la LNH.
Pour sa part, Lach s'était vu présenter le sien par son ancien coéquipier Émile Butch Bouchard, avec qui il a remporté la coupe Stanley en 1944, 1946 et 1953.
Que s'est-il passé?
Qui plus est, il était écrit noir sur blanc, de la saison 1986-1987 à 1993-1994 dans la guide de presse annuel du Canadien que Joliat et Lach étaient au nombre des anciens joueurs de l'organisation dont le numéro était retiré.
La Ligue nationale de hockey reprenait la même information dans son volumineux guide annuel, entre 1991-1992 et 1995-1996, saison qui a marqué le déménagement du Canadien du Forum à ce qui était alors comme le Centre Molson.
Comment expliquer que les noms de Joliat et de Lach, deux membre en règle du Panthéon du hockey, ne l'oublions pas, aient été relégués aux oubliettes?
Personne ne connaissait la réponse dans les officines du Centre Bell hier, mais Pierre Boivin a promis de faire la lumière autour de cette histoire décevante pour les gens impliqués.