Du football à trois ou à quatre essais au Québec?

Football

 

Serge Vleminckx - Journal de Montréal

Le football étudiant est-il sur le point de revenir aux trois essais?

En 1988, un an après le départ sauvage du Québec des Alouettes et de la Ligue canadienne de football, le milieu étudiant décidait de flirter avec le football de la NFL.

Désormais, au Québec, on allait jouer du football à quatre essais et sans qu’il y ait une verge pour séparer les lignes de mêlée. On décidait toutefois de jouer sur un terrain aux dimensions du football canadien et toujours avec une formation de 12 joueurs en action.

Certains intervenants du milieu collégial AA étudient toutefois la possibilité de revenir au football à trois essais tel qu’il est joué dans les rangs universitaires canadiens.

Affrontement
Ce n’est pas sans provoquer des étincelles. Dans le camp en faveur du retour aux trois essais, les arguments sont nombreux.

On prétend que le football à quatre essais, plus souvent qu’autrement axé sur le jeu au sol, est un obstacle majeur au développement des quarts. On dit même que les jeunes ne sont plus intéressés à jouer à cette position.

Parmi les autres arguments, les ardents promoteurs du football à trois essais soutiennent que le système des quatre essais a tué tout apprentissage au chapitre des unités spéciales.

Autre point avancé par ceux qui prônent le retour au football à trois essais dans les rangs collégiaux québécois, ce sont les lacunes que présentent les joueurs de ligne à l’attaque. Excellents bloqueurs sur les jeux au sol, ils ont de sérieuses carences quand vient le temps de protéger le quart lors des jeux aériens.

Réplique
La réplique de ceux qui favorisent le jeu à quatre essais est cinglante. L’argument pour le développement des quarts ne tient pas, selon eux.

L’ex-quart vedette du Rouge et Or de l’Université Laval à Québec, Mathieu Bertrand, a grandi en jouant du football à quatre essais.

Le jeune Benoît Groulx, à qui on prédit déjà un bel avenir au football universitaire, est issu du football collégial à quatre essais. On argue aussi que, de toute façon, à trois ou à quatre essais, les quarts canadiens n’ont aucune chance de faire carrière chez les professionnels.

Les propos deviennent encore plus mordants quand il est question de la mauvaise préparation des unités spéciales chez les joueurs issus des rangs collégiaux.

Les adeptes de la formule à quatre essais retournent le ballon dans le camp des entraîneurs du football universitaire, prétextant que c’est justement leur job d’enseigner les différentes techniques qui mèneront les jeunes les plus talentueux jusqu’aux rangs professionnels.

Les ardents défenseurs du football à quatre essais arguent que la progression des joueurs au Québec est directement liée au football à quatre essais.

En passant plus de temps sur le terrain, ils se développent davantage à cause de l’essai supplémentaire. On dit aussi que, dans les rangs collégiaux, on préfère former des joueurs de football plutôt que de bons botteurs pour la Ligue canadienne!

Deux écoles au Québec?
Certains ardents défenseurs du football à quatre essais seraient même prêts à former un circuit indépendant.

D’ailleurs, on se demande si on ne s’approche pas lentement, mais sûrement de deux réseaux de football au Québec, avec la création d’un circuit collégial qui adopterait tous les règlements du football universitaire américain.


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