Patrick Carpentier vit des moments très difficiles avec sa nouvelle écurie Red Bull Cheever Racing, dans la série IndyCar. Il y a une dizaine de jours, il est même venu près de tout abandonner tellement il en avait ras-le-bol.
Tout a commencé quand il a reçu une lettre des dirigeants de l’équipe, dans laquelle il était la cible de certaines
critiques en rapport avec les maigres résultats obtenus
depuis le début de la saison.
Même si Carpentier a réussi à terminer dans les dix
premiers lors des trois premières courses avec une
mauvaise voiture entre les mains, son bouillant patron
Eddie Cheever lui reprochait certaines choses dans son
analyse des forces et des faiblesses de l’équipe. C’est ce qui a mis le feu aux poudres.
«J’ai essayé de joindre Eddie au téléphone et c’est une
bonne affaire qu’il n’ait pas répondu parce que j’étais très
en colère, a confié Carpentier. J’étais prêt à tout lâcher
après la course des 500 milles d’Indianapolis tellement j’en avais marre de la situation.»
Le vétéran pilote de 33 ans de Joliette, qui est courtisé
par la série NASCAR, a passé l’âge de se faire taper sur les doigts comme un enfant.
«Cheever et moi, on s’est parlés un peu plus tard dans
la journée et ce fut une bonne discussion», a raconté
Carpentier.
«Je crois que ce n’est jamais bon d’écrire une lettre à un
pilote pour exprimer ses opinions. Il faut plutôt se parler.
Eddie veut que je m’implique davantage pour faire
progresser l’équipe.»
Un patron stressé et stressant
Les discussions se sont poursuivies au cours de la
dernière fin de semaine au Japon et la tempête s’est calmée, du moins pour le moment.
«La présente saison est cruciale pour Cheever, qui
doit d’obtenir de bons résultats s’il veut conserver son
commanditaire Red Bull, qui est convoité par d’autres
écuries, a expliqué Carpentier. Je n’ai jamais vu un patron aussi stressé et aussi stressant durant un week-end de
course.»
«Et le niveau de stress va augmenter ce mois-ci, lorsque
seront disputés les 500 milles d’Indianapolis. La pression viendra du commanditaire, du motoriste Toyota et de notre partenaire Mecachrome. Les attentes seront grandes pour cette course prestigieuse», a ajouté celui qui a terminé à une décevante 13e position samedi au Indy Japan 300, au volant d’une voiture mal réglée.
Prêt à s’impliquer davantage
À la suite des discussions qu’il a eues avec ses patrons
et ingénieurs au cours du week-end au Japon, Carpentier
se dit maintenant prêt à tout essayer pour aider l’équipe à
remonter la pente, qui est abrupte.
«Je vais m’impliquer davantage, a-t-il promis. Nous allons nous pencher tous ensemble sur les problèmes qui affectent nos voitures, notamment en ce qui concerne l’adhérence.
Il faut travailler doublement fort si nous voulons trouver
des solutions.»
Lors de la signature du contrat l’automne dernier, Eddie Cheever aurait bien aimé que Carpentier déménage de Las
Vegas à Indianapolis, afin d’être plus souvent présent à
l’usine, avec les ingénieurs. Le pilote a cependant refusé et on devine que Cheever devait avoir cette crotte sur le cœur.
Petit budget, gros problèmes
Il est important de comprendre que Carpentier a quitté une écurie à gros budget en série Champ Car, soit Forsythe Racing, pour une équipe qui fonctionne avec un budget des plus limités, Cheever Racing.
Son salaire est payé entièrement par la compagnie
Mecachrome, qui possède une usine à Montréal-Nord. C’est Jean-Paul Blais qui a ficelé l’entente survenue l’an
dernier entre Carpentier et Guillaume Casella, président
de Mecachrome International.
Eddie Cheever, de son côté, doit rembourser les frais de
dépenses des pilotes et les bonis de performance. Semble-t-il que l’argent n’arrive pas vite dans le compte de banque de Carpentier…
«L’équipe ne dispose pas de beaucoup d’argent et ça
augmente le niveau de stress de tout le monde, a reconnu le pilote québécois. Ça passe ou ça casse pour Cheever cette
année et ça explique pourquoi l’atmosphère est aussi tendue au sein de l’équipe.»