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La jeunesse grecque du Québec s'éclate

Monelle Saindon
02/07/2004 09h13 

Sur le bar, juste en dessous de l’écran géant central, il y avait de l’ouzo, du metaxa et... de l’eau bénite! Le tout, placé comme une offrande sur l’autel du soccer...

C’est Spyro Arvanitis, le barman du Lounge 6, dans le quartier Chomedey à Laval, qui était allé chercher l’eau sacrée, hier matin, à l’église grecque Evagelismos de Montréal.

«Et il y avait beaucoup de monde à l’église pour allumer des lampions», soulignait Spyro avec ferveur, 105 minutes avant d’exploser de joie devant le coup de tête glorieux de Dellas.

La moyenne d’âge de la centaine de Lavallois d’origine grecque autour de moi n’atteignait pourtant pas 27 ans et l’établissement où j’avais choisi de regarder le match Grèce-République tchèque était plutôt bon chic bon genre. Pas du tout paroissial.

En fait, l’eau bénite placée sur le bar n’avait pas grand-chose à voir avec le bon Dieu, mais tout à voir avec le plaisir d’être grec pour la jeunesse hellénique ces temps-ci!

Fierté internationale
«Ce n’est pas souvent qu’un événement international génère une telle fierté pour les Grecs et nous rassemble d’une façon aussi spectaculaire », expliquait Georges Liarakos, l’un des joyeux partisans gréco-lavallois.

«Il y a beaucoup d’amateurs de soccer ici cet après-midi, mais il y a aussi plein de gens qui n’y connaissent rien et qui sont juste là parce qu’ils sont fiers d’être grecs aujourd’hui.»

Simon Tsalikis, le patron du Lounge 6, ajoutait que les 80 places de son bar étaient réservées dès que la Grèce a marqué contre la France!

«Et pas seulement pour le match d’aujourd’hui mais aussi pour celui de samedi – si le malheur avait voulu que la Grèce se retrouve avec une modeste troisième place à disputer – et pour dimanche, pour la finale contre le Portugal.»

«Nous attendions juste notre heure»
«Le monde est surpris que les joueurs de soccer grecs soient si forts parce que ça fait très longtemps qu’ils n’ont pas réussi à se qualifier pour les finales, alors, ils ne sont pas connus, mais nous, nous le savions que nous étions bons, nous attendions juste notre heure de gloire», déclaraient, de leur côté, Jimmy Vasilopoulos et Louis Lainis de l’équipe de soccer AA Hellas, de la ligue Concordia de Montréal.

Experts du jour, les deux joueurs avaient habillé toute la clientèle de t-shirts aux couleurs de la Grèce, sur lesquels on pouvait lire I believe in Euro 2004!

Bien sûr, cette foi bleu grec a été sérieusement éprouvée quand l’égalité s’est mise à perdurer, mais la flamme n’a pas vacillé.

Adonis Clooney Nikopolidis
Le bar devenu beaucoup plus tranquille dans les angoissants derniers milles de la partie, les filles (joliment maquillées de petits drapeaux azur sur les joues) en ont profité pour me parler d’Adonis Clooney Nikopolidis, le gardien vedette de l’équipe grecque.

«On le surnomme Clooney, car il a une chevelure poivre et sel comme le célèbre acteur américain et Adonis parce qu’il est beau comme un dieu grec et que son prénom officiel, Antonios, n’a pas de bon sens car c’est italien», confient Katie Papoutsis et Patricia Lemaire, rieuses et espiègles.

Notre potinage est bruyamment interrompu par la victoire. Avant de filer en quatrième vitesse pour ne pas être coincée dans l’énorme défilé qui s’organise sur le boulevard Curé-Labelle, je jase quelques instants avec les deux seuls clients portugais du Lounge 6, qui semblent eux aussi tout à fait ravis du triomphe grec.

«C’est parfait, le Portugal va avoir sa revanche», a dit Gerry Fernandez, en se frottant les mains.

C’est dans la poche pour le Portugal dimanche?

«Pas du tout», a corrigé Fernandez.

«Nous avons l’équipe pour gagner, mais les Grecs ont la rage de vaincre!»



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