Les dirigeants des Jeux du Monde 2004 ont envoyé un ultimatum
au premier ministre Paul Martin afin qu’Ottawa verse une
subvention de 1M$ avant lundi soir à défaut de quoi l’événement
sera annulé.
«Nous n’avons plus d’argent»,
explique Pierre Parent, président de
cet événement qui se veut une grande
démonstration de jeux et sports
traditionnels par 60 délégations
originaires de 40 pays pendant une
dizaine de jours à partir du 30 juillet au parc Jean-Drapeau.
«Nous avons dû mettre à pied une
dizaine de permanents au début de la semaine dernière. Nous n’avons plus qu’une réserve pour compenser
certaines délégations étrangères en cas d’annulation.»
Les Jeux du Monde sont un événement décroché par les Internationaux du sport de Montréal. On ne saurait s’y tromper. Quatre administrateurs des ISM font
partie du conseil d’administration des Jeux du Monde.
Marc Campagna, p.-d.g. des ISM, est
secrétaire-trésorier du comité
organisateur des Jeux du Monde,
tandis que le vice-président stratégie
et développement des ISM, Jean Perron, est un des trois vice-présidents de
l’événement.
Serge Savard et Charles Lapointe
(p.-d.g. de Tourisme Montréal) occupent tous deux des postes d’administrateur
de ces Jeux du Monde qui, selon les
estimations des ISM, doivent attirer 900 000 spectateurs.
Le budget initial des Jeux avait été
établi à 10M$ mais a été ramené à des
proportions plus réalistes de 6M$
«à cause de toute l’instabilité relative
au financement du gouvernement
fédéral qui nous a fait perdre plusieurs commanditaires», explique Pierre
Parent.
«Des lettres des ministres Denis
Coderre et Sheila Copps promettaient une contribution fédérale égale à celle du Québec qui s’est élevée à 2M$, qui a été versée entièrement et nous a permis de survivre jusqu’à maintenant», explique Pierre Parent.
«On a reçu seulement 950 000 $
d’Ottawa. On ne peut plus continuer si le gouvernement fédéral ne respecte pas ses engagements.»
Aucune mention des deux millions
À ce sujet, Véronique Raymond,
directrice des communications de
Patrimoine canadien pour le Québec,
a affirmé au Journal de Montréal
qu’aucune lettre émanant du gouvernement fédéral n’a jamais fait mention d’une subvention de 2M$.
«Pour nous, 100 % de la contribution fédérale a été versée», a-t-elle dit au sujet de la contribution d’un million de
dollars.
Lors d’une conférence téléphonique en fin d’après-midi hier, Pierre Parent et Pierre-Luc Brodeur, directeur général des Jeux du Monde, ont toujours fait mention d’un montant de 2M$ et se sont dits incapables de donner une raison pour laquelle Ottawa ne versait pas
le 1M$ supposément manquant.
«C’est vraiment malheureux parce
que l’annulation de l’événement
porterait atteinte à la réputation du
Canada, du Québec et de Montréal sur
la scène internationale», a conclu
Pierre Parent.
«Et comme il faudrait annuler
si la contribution d’Ottawa n’est pas
complète, l’image du Canada risque d’être gravement atteinte.»