KELOWNA – Avec le pire calendrier des quatre équipes inscrites au tournoi de la coupe Memorial de 2004 – ils sont les seuls à jouer leurs deux premiers matches en autant de jours –, les Olympiques de Gatineau se sont permis de renverser les champions de la Ligue de l’Ouest, les Tigers de Medicine Hat, 3 à 1, hier après-midi devant 6153 spectateurs au Prospera Place de Kelowna.
Les champions de la Ligue de hockey junior majeur du Québec retournent à l’action dès ce soir. Cette fois, les rivaux des Olympiques (1-0) seront les hôtes de la compétition, les Rockets de Kelowna (1-0).
Le vainqueur du duel de ce soir mettra un pied dans la demi-finale et pourrait même accéder directement à la finale de dimanche.
L’an dernier, à Québec, Gatineau avait défait Kelowna à deux reprises,
4 à 1 lors de la phase préliminaire et
2 à 1 en demi-finale.
« Et dire que nous n’avons même pas joué notre meilleur hockey face aux Tigers, a laissé entendre l’entraîneur en chef des Olympiques, Benoît Groulx, à l’issue du match. Pour ce qui est du duel de demain soir (ce soir), les Rockets voudront assurément prendre leur revanche à la suite des résultats
de l’an dernier au Colisée Pepsi »,
a-t-il ajouté.
Dominic D’Amour, lors d’un avantage numérique dès la troisième minute, Francis Wathier, au cours de la seizième minute du troisième vingt, et Maxime Talbot, dans un filet désert, ont marqué pour les Olympiques qui s’étaient accordé des priorités de 1 à 0 et de 2 à 0 et qui ont lancé à 19 reprises en direction du gardien Kevin Nastiuk.
Seul Stefan Meyer, au cours de la
dix-septième minute du troisième tiers, est parvenu à déjouer David Tremblay, qui a été mis à l’épreuve à 25 reprises.
Le gardien de 18 ans, un vétéran de deux saisons qui en était à sa première sortie au tournoi de la coupe Memorial, s’est particulièrement distingué au cours de la première période alors que les Tigers ont bénéficié de quatre supériorités numériques, ainsi qu’au deuxième vingt alors que Medicine Hat a effrontément dominé, 10 à 4, au chapitre des lancers.
L’expérience a pavé la voie
L’expérience est-elle un facteur clé dans le tournoi de cette année ?
« Gatineau (12) et Kelowna (13) ont vécu la compétition de l’an dernier. Ils misent sur une foule de vétérans qui savent à quoi s’en tenir et qui tracent le chemin aux autres. Comme par hasard, les Olympiques et les Rockets sont sortis vainqueur des deux premières rencontres », a expliqué avec justesse le capitaine des Tigers, Ryan Hollweg, après la partie.
« De notre côté, notre dernière participation au tournoi de la coupe Memorial remonte à 1988. Par la suite, rien n’a fonctionné pour l’organisation jusqu’à l’an dernier.
« Ainsi notre sortie de mardi soir face au Storm de Guelph (0-1) devient presque une question de vie ou de mort.
« Enfin, les Olympiques m’ont surpris par leur vitesse et leur jeu de transition. Ils ont aussi profité de leur première supériorité numérique pour prendre les devants et ils ont ensuite bien manœuvré pour nous battre. »
« Éric Lafrance m’a appris à gagner »
– David Tremblay
Tout en portant leur fiche au tournoi de la coupe Memorial à 11-11, les joueurs des Olympiques de Gatineau avaient conservé leurs visages de guerriers lors de leur rencontre avec les médias, après la rencontre.
Il faut dire que les Tigers les ont pourchassés durant 60 minutes, l’expression « terminer sa mise en échec » prenant alors tout son sens. Agressés plus souvent qu’à leur tour, les Olympiques ont par contre répliqué « œil pour œil, dent pour dent ».
« Bien qu’aucune équipe de la LHJMQ ne joue à la façon des Tigers, il a fallu aller à la guerre. Ce n’est pas un style que je déteste », a avoué Olivier Labelle, qui a été plus qu’actif le long des rampes, dans les coins et dans l’enclave.
« Il est important que les autres clubs s’adaptent à nous, et non l’inverse. Nous savions que les Tigers réagiraient de la sorte, mais nous étions prêts.
« Puis, si notre échec avant n’a pas été aussi soutenu et efficace qu’au cours des séries dans notre ligue, c’est que nous avons été accrochés et ralentis. Les Tigers sont imposants physiquement. Encore là, il fallait trouver un moyen de les contourner.
« Pour ce qui est des Rockets, nous avons été témoins de leur match de samedi au petit écran puisqu’il nous est interdit de venir à l’aréna quand nous ne jouons pas.
« Demain soir (ce soir), il sera impérieux de marquer le premier but afin de sortir la foule du match. Les Rockets sont enfin plus qu’efficaces pour protéger une avance ».
Groulx a encensé Tremblay
Choisi la première étoile de la rencontre, le gardien David Tremblay s’est souvenu d’Éric Lafrance, qui a été son maître à penser l’an dernier.
« Le simple fait de décortiquer la tenue d’Éric, autant sur la patinoire qu’à l’extérieur, m’a inspiré confiance. Il m’a appris à gagner », a déclaré David Tremblay, qui fait partie de l’avenir des Flyers de Philadelphie.
« Il était important de gagner cette première rencontre afin de bâtir sur du solide, car ce n’est pas le genre de compétition où tu as le temps de t’ajuster. Enfin, à
24 lancers, je ne considère pas que j’ai été très affairé. »
Résidant dans la banlieue d’Ottawa, David Tremblay a reçu les éloges de son entraîneur
en chef.
« En première période nous avons été indisciplinés, et les Tigers nous ont mangés tout ronds en deuxième. Mais David a brillamment tenu le fort et a complètement fermé la porte, a analysé Benoît Groulx.
« Pour le reste, nous avons été quelque peu surpris. Une chance que savons évoluer lorsque nous menons au pointage. Il suffit de choisir des jeux simples et de ne pas paniquer. J’ai particulièrement apprécié le boulot de nos unités en infériorité numérique.
« Il faut dire que les styles de jeu de la LHJMQ et de la WHL sont très différents.
« Du côté des Tigers, j’ai retenu leur fluidité sur patins, l’intensité qu’ils ont mise à pourchasser la rondelle et le synchronisme qui existe au sein des unités de cinq joueurs qui se sont retrouvées sur la patinoire.
« Pour ce qui est des Rockets, qui ont vraiment fait mal paraître le Storm de Guelph, samedi, ils te frustrent dès qu’ils prennent les devants. Il est également difficile d’obtenir de bonnes chances de marquer à leurs dépens. Il faudra créer énormément de circulation devant leur gardien, Kelly Guard.
« Notre façon de jouer en troisième période et cette victoire aux dépens des Tigers étaient toutefois la meilleure façon de nous préparer pour les Rockets », a conclu Benoît Groulx.