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Il rate le podium par seulement 80 centièmes de seconde

«Un week-end extraordinaire!» - Erik Guay

Mario Brisebois - Journal de Montréal
01/12/2003 05h52 

Au lendemain de sa deuxième place en descente à la Coupe du monde de Lake Louise, Erik Guay a raté de peu un deuxième podium en 24 heures dans les Rocheuses albertaines. Le skieur de 22 ans a encore connu une superbe course hier, se classant 6e au super-G, remporté par son idole d’enfance Hermann Maier.

Le skieur de Mont-Tremblant a continué de se gagner l’admiration de l’élite mondiale.

« Ce fut un week-end absolument extraordinaire ! », a déclaré, avec raison, Erik Guay dont les meilleurs résultats de sa jeune carrière dans les deux disciplines de vitesse étaient, auparavant, des sixièmes places aux championnats du monde de Saint-Moritz, en Suisse, en début d’année.

Guay a encore fait écarquiller les yeux hier. Parti avec le dossard no 12, il est demeuré premier jusqu’au passage du 22e concurrent. Il n’a été écarté du podium que lors de la descente du 32e partant.

Si son temps d’une minute et 38,04 secondes le place à 1,35 seconde de Maier, l’écart n’a été que de 80 centièmes de seconde sur le champion mondial Stefan Eberharter, de dix ans son aîné, pour une place sur le podium.

Un troisième Autrichien, Michael Walchhofer, vainqueur de la descente samedi, a terminé au deuxième rang.

Tourbillon

Il s’agit de toute une performance du jeune Guay qui a été pris dans un véritable tourbillon depuis son podium de samedi.

La veille, il n’avait eu que quinze minutes pour souper en raison des entrevues qui n’en finissaient plus, suivies du souper obligatoire de l’équipe canadienne avec les commanditaires qui paient la facture.

« Honnêtement, je savais que mon temps ne tiendrait pas le coup aujourd’hui pour une médaille, a-t-il admis. Malgré ma bonne prestation, je dois admettre que j’ai commis une petite erreur au sommet. »

« En Coupe du monde, il est impossible d’espérer monter sur le podium en concédant des fractions de seconde, aussi infimes soient-elles », a-t-il expliqué.

Cela dit, n’allez que croire que Guay soit déçu.

« Aujourd’hui, une place parmi les dix premiers aurait été excellente, alors je ne me plaindrai certes pas de finir sixième, surtout devant famille puisque mon père, ma mère et mes frères ont tous fait le voyage en fin de semaine », a-t-il souligné.

Auparavant, le meilleur résultat canadien en super-géant à Lake Louise était une 26e place qui remontait à 1999.

Bâtir

Guay, l’un des plus rapides en piste hier, ayant été chronométré à 109 kilomètres à l’heure, n’est pas seulement vite sur ses skis.

Hier, il mesurait déjà les retombées des deux derniers jours lui ayant permis, entre autres, de devenir le premier Québécois à remporter une médaille en Coupe du monde, lancée en 1968.

« L’idée est de bâtir à partir de ces résultats dans l’espoir de connaître la meilleure année possible », a indiqué la révélation du week-end dans le sport canadien, qui partira à 6 heures ce matin pour Beaver Creek, au Colorado, avec l’équipe nationale, en vue des épreuves de la semaine prochaine.

« Le calendrier est très long en ski, vous savez… », a-t-il dit pour conclure. C’est toutefois superbement parti pour la nouvelle coqueluche du ski.

Flocons de neige

Le brio d’Erik Guay coïncide avec les fêtes du 40e anniversaire de fondation de l’équipe canadienne de ski alpin…

L’équipe nationale féminine arrive aujourd’hui à Lake Louise pour les épreuves officielles de Coupe u monde qui débuteront vendredi. Anne-Marie Lefrançois et Geneviève Simard sont du voyage.

2 000 $ pour une leçon avec Guay !

La valeur marchande d’Erik Guay monte en flèche.

Lors du cocktail d’ouverture du club Tremblant, auquel appartient Guay, tenu samedi soir après la médaille d’argent du jeune skieur, on a payé pas moins de 2 000 $, à l’encan silencieux, pour une leçon de ski avec la vedette de l’heure.

« Le succès a un prix », a déclaré hier le président du club Tremblant, Michel Marcoux, en ramassant le chèque de 2 000 $ de Luc Balit, un homme d’affaires connu dans le domaine du vêtement et passionné de ski.

À noter que l’argent servira à financer le programme des jeunes espoirs de la station des Hautes-Laurentides.

Dans un geste qui l’honore, Balit a remis cette leçon de ski à quatre fillettes de neuf et dix ans dont Erik Guay est le héros.

Noël est arrivé d’avance pour ces fillettes cette année !

Les succès de Guay sont contagieux

Pour la première fois en Coupe du monde, le Québec a failli voir hier trois de ses skieurs inscrire des points lors d’une même épreuve.

En plus de la 6e place d’Erik Guay, Vincent Lavoie, de Cap-Rouge, a pris le 21e rang avec un écart de 2,22 secondes et François Bourque, une recrue de 19 ans, de New Richmond, le 32e avec une marge de 2,55 secondes. Bourque a raté la remise des points par cinq infimes centièmes de seconde.

Voilà de très bonnes performances, compte tenu que les deux skieurs ont amélioré de plus de la moitié leur position de départ respective : 54e et 65e.

« Ce qui nous arrive est le fruit du travail de toute l’équipe au cours des entraînements durant la saison morte, a déclaré Lavoie. Nous avions un programme de pro cette année. »

Il s’agit du meilleur résultat de Lavoie depuis les deux années qu’il a perdues (2000 et 2001) en Coupe du monde à cause de deux séries de fractures.

Avant ses malchances, il avait terminé en 16e position aux championnats du monde, il y a quatre ans.

« Il n’y a pas de doute que ce qui arrive à Erik transporte l’ensemble de l’équipe un cran plus haut, a-t-il affirmé. Le fait de voir l’un des nôtres sur le podium nous met en confiance et nous permet de croire que nous aussi, nous pouvons réussir. »

Bourque continuera de bûcher

Bourque, le petit nouveau de la formation nationale, savourait son plus beau résultat hier.

Cinq centièmes de seconde d’écart seulement lui ont coûté le premier point de sa jeune carrière en Coupe du monde, mais ont garanti son départ à Beaver Creek, au Colorado, le week-end prochain.

« Je vais continuer de bûcher, a promis le champion mondial junior de la descente. À mon âge, tout est possible à condition d’y mettre l’effort. »


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