Benoît Rioux
Agence QMI

Une médaille nommée Sylvester

Benoît Rioux

MONTRÉAL - Les Québécoises Marianne St-Gelais, Valérie Maltais et Marie-Ève Drolet étaient de retour au pays, mardi, avec leur médaille d'argent obtenue à l'épreuve du relais de patinage de vitesse courte piste aux Jeux olympiques de Sotchi.


«Voici Sylvester!», a lancé St-Gelais, en exhibant sa médaille.

Comme un nouveau bébé, cette pièce d'argent ira rejoindre ses deux sœurs, nées il y a quatre ans à Vancouver, dans la précieuse boîte de l'athlète.

«Sylvester pour Sylvester Stallone, a précisé St-Gelais, qui avait obtenu deux autres médailles d'argent en 2010. Dans tous les films qu'il fait, il perd tout le temps une jambe ou il reçoit une balle dans le bras. C'est un peu l'impression que j'ai eue pendant mes Jeux. Mais Sylvester, il reste debout. Il ne meurt jamais ce gars-là. Et à la fin, il gagne. C'est pour ça que cette médaille, je l'ai appelée Sylvester.»

Cette deuxième place obtenue par l'équipe canadienne au relais a effectivement permis à St-Gelais de se réconcilier avec son exclusion du podium lors des trois épreuves individuelles.

Elle a aussi mentionné tout le bonheur de gagner cette médaille d'argent avec ses coéquipières, particulièrement deux autres athlètes originaires du Saguenay-Lac-St-Jean.

«De partager cette médaille avec ces filles-là, c'est vraiment bien. Par exemple, Valérie et moi, on se connaît depuis qu'on a 10 ans. D'avoir fait ce chemin-là et d'enfin monter sur un podium olympique ensemble, c'est extraordinaire. Avec Marie-Ève aussi, on a vraiment une très bonne chimie. Je m'entends très bien avec les autres filles, mais on est peut-être plus serrées.»

Jessica Hewitt, qui complétait le quatuor canadien en Russie, ajoute néanmoins son grain de sel, prouvant qu'elle apprécie aussi la camaraderie qui règne entre les filles.

«Je connais seulement quelques trucs à propos du Saguenay-Lac-St-Jean: les gens ont de très forts accents et c'est le pays des bleuets, a-t-elle indiqué, en rigolant. Honnêtement, elles m'ont très bien accueillie et elles sont de superbes coéquipières.»

Un besoin de renouveau?

Si l'ambiance est bonne entre les filles, un vent de changement continue de souffler sur l'équipe. La présence de l'entraîneur Frédéric Blackburn demeure contestée, même au retour de Sotchi.

«Je pense qu'il faut s'asseoir et discuter de ce qui se passe exactement pour que ça fonctionne mieux parce que moi, je ne pourrai pas continuer pendant quatre ans si on a encore ces différends-là», a d'ailleurs laissé tomber Maltais.

«Je ne suis pas contre un renouveau, mais en même temps, ce qui arrive dans le renouveau, c'est que tu peux aller chercher pire, a pour sa part indiqué St-Gelais. On a une stabilité avec Frédéric aussi. C'est difficile de statuer. C'est délicat. Je ne sais pas ce que je veux, en fait, présentement.»

Chose certaine, St-Gelais a été claire: les déceptions qu'elle a vécues à Sotchi ne doivent pas être attribuées à l'entraîneur.

«Son plan d'entraînement a toujours été fait de la bonne façon, a-t-elle précisé. On n'a jamais rien reproché à Frédéric côté entraînement.»


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