
En duo ou en équipe, le résultat est le même. Faire des vagues ne suffit pas.
La formation canadienne a dû se contenter du quatrième rang jeudi à l'issue du programme technique, prélude à la routine libre qui mettra fin aux débats vendredi aux Jeux olympiques de Londres.
Les huit nageuses, toutes québécoises, ont obtenu une note totale de 94,400 points, contre 98,100 pour les Russes, pour qui un quatrième titre olympique consécutif semble conquis d'avance.
«Vous l'avez constaté, notre programme est très avant-gardiste, a expliqué Julie Sauvé. C'est le seul qui fait évoluer la nage synchronisée. Nous, on tente de dépasser les limites du traditionnel, mais, si je comprends bien, les juges ne l'entendent pas ainsi.»
L'entraîneuse-chef de la sélection canadienne n'a donc pas caché sa déception après la performance de ses protégées.
«Oui, je suis déçue, poursuit-elle. J'étais convaincue, quelques heures plus tôt, que le troisième rang était accessible. Ce qui me choque, c'est de voir l'écart entre la note qui nous a été accordée et celle de l'Espagne.»
C'est comme si les Canadiennes partaient, vendredi, avec trois… prises contre elles. Elles concèdent un 1,8 point aux Espagnoles, ce qui est énorme en nage synchro.
Des Espagnoles (96,200) qui, incidemment, auraient mérité jeudi de devancer les Chinoises (97,000) à la deuxième marche du podium provisoire. Un commentaire partagé par plusieurs observateurs, dont Julie Sauvé.
«Tant qu'à entraîner les filles, je devrais peut-être commencer à entraîner les juges, a rétorqué Sauvé. Vous avez bien vu, les Espagnoles ont démontré beaucoup plus de créativité que les Chinoises.»
Fières et… déçues
Les athlètes, elles, ont à nouveau choisi de garder le sourire en se présentant à la zone d'entrevues.
Élise Marcotte s'est faite la porte-parole de ses sept coéquipières.
«La note est décevante, mais nous pouvons être fières de ce qu'on a accompli», a indiqué celle qui, en compagnie de Marie-Per Boudreau-Gagnon, a conclu l'épreuve en duo à la quatrième place mardi.
«On a travaillé en équipe, et tout a bien fonctionné. On a toutes eu du plaisir à nager ensemble.»
Sa partenaire en duo en a rajouté.
«On a joué le tout pour le tout, a indiqué Boudreau-Gagnon, la doyenne de l'équipe, à 29 ans. Au moins, les juges vont nous donner le mérite d'avoir tout essayé. Ma bonne humeur, je ne l'ai pas pour la note, mais pour notre prestation dans la piscine.»
Maintenant le programme libre
Le scénario se répète. Le Canada espère renverser la vapeur vendredi à l'occasion de la routine libre.
«Vous allez être témoins du plus fort des quatre programmes que nous avons élaborés pour les Jeux de Londres, a déclaré Boudreau-Gagnon. Ça va aller chercher le public et on souhaite que les juges vont embarquer aussi.» Marcotte, elle, est allée encore plus loin : «On s'en va à la guerre.»
Le problème, c'est qu'elles sont pratiquement les seules à croire en leurs chances de revenir de la capitale britannique avec une médaille au cou.
Le Canada est classé quatrième dans la spécialité depuis quatre ans. À Pékin en 2008, l'Espagne et la Chine avaient accédé aux deuxièmes et troisièmes marches du podium respectivement, devant le Canada.
La dernière médaille (bronze) de l'équipe canadienne de nage synchronisée a été obtenue en 2000 à Sydney, en Australie. Quatre ans plus tôt, elle avait raflé l'argent à Atlanta. Jo-Annie Fortin, Chloé Isaac, Stéphanie Leclair, Tracy Little, Karine Thomas et Valérie Welsh complètent la formation canadienne. Stéphanie Durocher a été dépêchée comme réserviste.
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