
LONDRES – Peu importe l'originalité et la qualité de leur routine, les Canadiennes sont condamnées à être exclues du podium en nage synchronisée.
C'est du moins l'impression qui s'est dégagée lundi à la suite de la prestation sans faille de Marie-Pier Boudreau-Gagnon et d'Élise Marcotte dans le programme libre en duo.
Comme la veille, à l'occasion du programme technique, les deux Québécoises ont terminé à la quatrième position sans pouvoir améliorer leur classement derrière les Russes, les Chinoises et les Espagnoles.
Les 14 juges, plutôt conservateurs, n'ont pas embarqué, contrairement au public, à leur numéro audacieux où les deux nageuses ont joué à la comédie, comme il leur était permis. Sans faille, faut-il le souligner une nouvelle fois.
Si leur routine de lundi a été parfaite, selon l'entraîneuse Julie Sauvé, les représentantes du Canada devront faire encore mieux.
Aussi bien dire mission impossible
«J'espère que les deux filles vont refaire la même chose mardi», s'est exclamée l'entraîneur en chef de l'équipe nationale de nage synchronisée, les yeux rougis par l'émotion. Par le désespoir aussi.
Mais briller autant que lundi ne sera pas suffisant. C'est comme si les juges avaient décidé de respecter une hiérarchie maintenue depuis quelques années.
Le Canada s'était classé quatrième lors du dernier grand rendez-vous de la spécialité, les Championnats du monde à Shanghai, en Chine, en juillet 2011. Il va sans doute occuper le même rang quand la compétition en duo va s'achever mardi à la piscine olympique.
«Que voulez-vous que je vous dise, de poursuivre Sauvé, c'est un sport jugé, il faut s'y faire. Oui, je suis déçue du résultat, car cette performance est la meilleure que j'ai vue depuis le début de nos entraînements.»
Boudreau-Gagnon et Marcotte travaillent à ce numéro au coefficient de difficulté très élevé depuis janvier.
«Contrairement à la plupart des équipes, d'indiquer Boudreau-Gagnon, on n'effectue que très rarement les mêmes mouvements pendant notre routine.»
«J'imagine, affirme-t-elle, que les juges vont réaliser un jour qu'on est un pays qui enchaîne le plus de figures dans notre programme libfre, et ce, avec très peu de repos entre les mouvements.
«Mais bon, s'ils reconnaissent ce niveau de difficulté, je suis convaincue que ça pourrait améliorer notre sort pour la finale», prétend-elle.
«Au niveau artistique, de renchérir Marcotte, on va vraiment chercher chaque note sur la musique et l'expression sur nos visages, qui fait partie intégrante de notre numéro, fait rire le public.»
Les Russes sur une autre planète
Tel que prévu, les deux Russes, Natalia Ishchenko et Svetlana Romashina, ont survolé la compétition avec une note de 98,600 points lundi, soit ,400 de plus que la veille. Leur total de points, fixé à 196,800 pour les deux jours est amplement mérité.
Derrière, l'ordre reste aussi inchangé. Les Chinoises Xuechen Huang et Ou Liu (96,710), pour un total de 192,810 et les Espagnoles Ona Carbonell-Ballestero et Andrea Fuentes-Fache (96,590), pour une note globale de 192,590, ont amélioré leur note de ,610 et de ,590 respectivement.
Le bulletin (94,750) du duo canadien a, lui aussi, fait un bond, mais de moindre importance (,25). Boudreau et Gagnon ont accumulé 189,250 points lors des deux premiers jours.
Répétition générale
Des 24 équipes engagées au départ, la moitié a été éliminée lundi. Les 12 pays qualifiés pour la finale vont refaire exactement la même routine (libre) que la veille.
Les points accumulés dimanche, lors du programme technique, vont compter pour 50 pour cent de la note du résultat final des équipes, mardi.
Aussi bien dire que l'épreuve de lundi a servi de répétition générale pour l'affrontement ultime qui déterminera les trois formations médaillées.
Sans vraiment être défaitiste, et si la tendance se maintient, la Canada n'a pratiquement aucune chance d'accéder au podium.
À moins que les 14 juges (dont huit sont Européens) se consultent avant la finale de mardi et reconnaissent enfin le Canada a réussi à augmenter le calibre de sa routine par rapport aux autres.
Une volte-face est toujours possible, mais on n'y croit pas vraiment. Un fait demeure, les Canadiennes n'ont plus droit à l'erreur.
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