
Dans l'entourage de l'athlète de Sainte-Justine, on commence à évoquer la possibilité que les Jeux de Londres soient ses derniers dans cette discipline. Avec ses 6 pieds et 200 livres, son physique «limité» pour accéder au sommet de la hiérarchie mondiale du poids pourrait l'amener à faire la transition vers le lancer du disque, là où elle a déjà révélé un fort potentiel avec un minimum d'entraînement.
Un «handicap»
Dans le cercle lundi, Labonté verra défiler entre autres la Chinoise Xiangrong Liu à 6 pi 1 po et 260 livres, l'Américaine Michelle Carter (5 pi 9 po, 256 livres), la Russe Irina Tarasova (5 pi 10 po, 254 livres) et l'Italienne Rosa Chiara (5 pi 10 po, 243 livres). Pour survivre dans ce monde, les données physiologiques expliquent souvent toutes les statistiques et les records.
«Son gabarit va peut-être devenir son handicap. De plus en plus, elle va être confrontée à des filles qui sont comme des taupins, comme on dit chez nous. Un jour, elle devra se dire: "si je veux atteindre un niveau international, je dois emprunter un autre chemin"», a observé Jean-Paul Baert, ex-directeur général à la Fédération d'athlétisme du Québec qui agit comme conseiller auprès de la famille du comté de Bellechasse.
Encore beaucoup à faire
La fébrilité olympique n'est pas propice pour aborder ce projet avec l'étudiante à l'Université d'Arizona. «À 22 ans, il me reste encore beaucoup à faire dans ce métier», disait-elle vendredi en venant s'imprégner de l'ambiance du stade au premier jour des épreuves d'athlétisme.
Mais cette idée de transiter vers le disque a été relancée cet été, depuis qu'elle a encore remporté le titre canadien dans les deux disciplines. Son père Daniel, qui l'a accompagnée comme entraîneur au début de sa carrière, a depuis avoué que l'opinion déjà soulevée par Baert d'exploiter le potentiel de sa fille au disque comportait du sens.
Similitudes
Les nombreuses similitudes entre les deux pratiques facilitent la transition d'un projectile à l'autre. Aussi, cette faculté de «piger très vite» chez Labonté donnerait rapidement des résultats, croit-on. Si elle a réécrit le livre des records au pays avec un poids de quatre kilos dans la main, un disque qui pèse un kilo pourrait l'amener à en écrire d'autres.
«Moi, je sais que si elle passe au disque, elle va marcher, c'est sûr. C'est une athlète très intelligente sur le plan sensoriel», a témoigné Baert, ex-entraîneur des lancers pour l'équipe nationale de 1973 à 1988, qui juge le physique de l'étoile montante adéquat pour le métier.
«Elle ne s'entraîne pas au disque et elle a fait récemment près de 55 mètres (54,02 m) en rigolant. Et le standard olympique est de 61 mètres! Le jour où elle va se mettre sérieusement au disque, non seulement elle va atteindre le standard olympique, mais elle va grimper.»
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