
La Québécoise et ses sept partenaires ont procuré, jeudi au Canada, une deuxième médaille d'argent en aviron aux Jeux de Londres lors de l'épreuve du huit féminin, longue de deux kilomètres.
Jamais une Québécoise n'avait accédé à un podium olympique dans cette discipline.
Comme prévu, les Américaines, invaincues dans la spécialité depuis 2005, ont raflé l'or. Les Néerlandaises ont accédé à la troisième marche du podium, non sans avoir inquiété les Canadiennes en début de parcours.
La Montréalaise, qui aura 31 ans la semaine prochaine, ne pourrait trouver meilleur moment pour annoncer sa retraite de la compétition active.
«Cette médaille, c'est la récompense de plus de 15 ans d'effort dont 12 au sein de l'équipe nationale d'environ, a dit Morin. Je peux enfin dire que je l'ai, ma médaille.»
Un mauvais souvenir
En Chine, il y a quatre ans, Morin et le Canada s'étaient fait souffler la médaille de bronze par la Roumanie dans les derniers 150 mètres de l'épreuve.
«Le mauvais souvenir de Beijing est venue me hanter quand j'ai vu les Néerlandaises se pointer à notre hauteur, a avoué la chef de nage de l'équipe canadienne. Mais, je me suis dit que ça ne se passerait pas ainsi.»
Les Néerlandaises avaient effectivement franchi la première borne intermédiaire derrière les Américaines, parties en trombe, mais les Canadiennes ont finalement augmenté leur cadence pour les devancer au fil d'arrivée.
Le Canada, qui représente la plus grande menace du Canada dans cette discipline, n'espérait rien de moins qu'une médaille d'argent.
À Lucerne en mai dernier, Morin et ses coéquipières s'étaient rapprochées à trois petits centièmes de secondes de leurs grandes rivales.
«Aujourd'hui, c'était l'argent, à dit Morin. Les Américaines étaient trop fortes. Mais, jamais on n'a lâché, on a cru jusqu'au dernier coup de rame qu'il était possible de les rattraper.»
Le Canada a comblé l'écart à une demi-bateau dans les derniers 500 mètres, où ses représentantes ont d'ailleurs été plus rapides que les gagnantes, mais il était trop tard. Les Américaines ont franchi la distance en 6 min, 10,59 s, soit 1,47 seconde devant les Canadiennes et 2,53 devant les Néerlandaises.
Quand on vous dit que le calibre est relevé aux Jeux olympiques : moins de trois secondes ont départagé les trois équipes médaillées après, rappelons-le, deux kilomètres de course.
Entraînement rigoureux
À ses troisièmes et derniers Jeux olympiques, Morin croit maintenant que le temps est venu de passer le flambeau.
«J'ai suffisamment donné, il est temps pour moi de passer à autres choses, a t-elle expliqué. L'aviron est intraitable, ça exige de s'entraîner à l'année.»
Deux de ses partenaires, Ashley Brzozowicz et Darcy Marquardt, l'avaient accompagné lors de la douleureuse randonnée à Beijing.
L'équipage était complété jeudi par Janine Hanson, Rachelle Viinberg, Krista Guloien, Lauren Wilkinson et Natalie Mastracci.
Papa et maman n'ont jamais douté
Après l'exploit de leur fille, Anne Robert et Georges Morin se sont serrés dans les bras. Mais pas de larmes, que de la fierté.
«C'est plutôt ma fille qui a pleuré en nous apercevant à sa sortie de bateau, a dit maman. Elle tenait tellement à partager ce moment magique avec nous.
«On peut devenir un athlète olympien, mais devenir un médaillé, c'est réservé à un groupe sélect. Je suis fière de voir que ma fille en fasse maintenant partie.»
Georges, lui aussi, a bien caché ses émotions pendant la course. Il avait confiance au bateau canadien.
«Ces filles-là ont travaillé tellement fort, a-t-il déclaré. On savait qu'elles avaient tout pour réussir.»
Un cadeau pour Joseph
Intraitable, l'aviron a exigé d'Andréanne qu'elle renonce à terminer ses études en droit à l'Université de Montréal en deux occasions.
«Je retourne sur les bancs d'école dans trois semaines pour terminer mon bac, tout en pratiquant le sport… quand ça va me tenter», s'est-elle exclamée.
Entretemps, elle passera les deux prochaines semaines en Angleterre, à profiter de la vie et à consacrer plus de temps avec son amoureux qui, incidemment, célébrait hier son 34e anniversaire de naissance.
Elle a rencontré Joseph von Maltzahn, ex-membre de l'équipe britannique d'aviron, il y a deux ans lors d'une régate. Elle souhaite le convaincre de venir s'établir au Québec.
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