
Le plongeur québécois a étalé une partie de ses secrets, samedi, en révélant qu'il aurait subi une commotion cérébrale plus importante si sa tête avait heurté différemment le tremplin lors d'un entraînement en Espagne, le 12 juin dernier. Selon l'opinion des médecins qui l'avaient examiné dans les heures qui ont suivi l'accident, c'est beaucoup plus qu'une perte de conscience d'une dizaine de secondes qui en aurait résulté si son front avait heurté la planche un centimètre plus bas.
«Moi, je savais que c'était plus qu'une coupure de 10 centimètres. C'était gros et je ne l'ai pas dit au début. Si ma tête avait cogné un centimètre plus bas, la commotion aurait été plus sévère et je serais assis chez moi en ce moment. Je n'aurais pas pu plonger pour au moins 30 jours», a expliqué le plongeur de 27 ans, qui s'attaquera à l'épreuve du 3 mètres synchro avec Reuben Ross, le mercredi 1er août.
Attitude «zen»
Relaxe et de belle humeur lors de cette seule disponibilité qu'il accordera aux médias avant le début de ses compétitions, Despatie dit bien se sentir depuis son arrivée à Londres et évite toute distraction afin de conserver son «focus».
«Je me repose beaucoup, je reste loin des foules et des centres d'achat. Je n'écoute pas la télé.»
Cette réaction «zen» se veut cohérente à celle qui l'a guidé au lendemain de sa blessure. En dire le moins possible allait mieux le servir dans son défi de rattraper le temps perdu d'ici aux Jeux.
«Un peu par pudeur, mais aussi pour moi. Je ne voulais pas dramatiser. Oui, il était important pour moi de parler ce qui s'était passé, mais il fallait aussi que je tourne rapidement la page. Même aujourd'hui, qu'est-ce que je vais faire avec mes cheveux et avec la cicatrice? Je n'y pense pas. Je vais y penser après les Jeux parce que c'est le dernier de mes soucis en ce moment», affirme-t-il.
Un plongeon libérateur
Ce plongeon maudit qui lui a valu une fermeture éclair à la base du cuir chevelu ne le hante plus. Il exécute maintenant sans appréhension ce triple saut périlleux et demi, autant en individuel qu'en synchro avec Reuben Ross. Il fallait bien le refaire un jour et cette étape qu'il a franchie, le 13 juillet dernier, semble avoir chassé les démons pour de bon.
«Ça n'a été rien de trop formel. Arturo [Miranda, son entraîneur] ne m'a pas réveillé le matin en me disant: c'est aujourd'hui. C'est arrivé comme ça, l'entraînement et les mouvements allaient bien et on s'est dit: on y va», a raconté Despatie en revenant sur ce plongeon libérateur.
«J'avais peur, ce n'est pas une surprise. J'étais très concentré sur ce que j'avais à faire et c'est toujours ainsi maintenant. Je le dis depuis le début de cet accident: la chance que j'ai, c'est de ne pas me rappeler ce qui s'est passé!»
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