
LONDRES - Éliminée le matin, Katerine Savard a appris samedi après-midi sur Facebook qu'elle avançait tout de même en demi-finale du 100 mètres papillon.
Avant que la surprise n'atténue la rage, il était déjà trop tard pour une préparation adéquate: la jeune nageuse gardera un 16e rang comme souvenir de son baptême olympique.
Par son chrono de 58,76 s en matinée, le 17e rang de Savard l'avait reléguée à deux centièmes de secondes du groupe des 16 qualifiées pour la ronde suivante. Presque sans mots et à voix basse après cette déception, elle cherchait à fuir le Centre aquatique de Londres. Du moins, surtout pas question d'aller «dénager», un exercice requis pour récupérer de l'effort.
«Après coup, c'est facile à dire. Dans l'état émotionnel qu'elle était ce matin, je me suis dit qu'on était mieux de la sortir de ce milieu», s'est défendu son entraîneur, Marc-André Pelletier.
«Tu entres en demi-finale!»
Nettoyer les pistons aurait été encore plus justifié, en vertu de son statut de première substitut pour la course du soir. De fait, vers 14h, une copine lui a annoncé via son compte Facebook qu'elle allait nager le soir, à la suite du désistement de la Néerlandaise Inge Dekker, 10e des préliminaires.
«J'ai vérifié avec mon entraîneur et avec Pierre [Lafontaine, entraîneur-chef] pour m'en assurer. J'étais vraiment contente, mais j'ai repensé comment j'aurais dû nager et je n'ai pas eu le temps de me reposer de l'après-midi. Mais bon, je suis quand même contente d'avoir nagé deux fois. Je suis quand même demi-finaliste aux Jeux olympiques. Je vais le prendre comme ça», a philosophé l'athlète de 19 ans, de meilleure humeur qu'en début de journée.
Rien à perdre
Dans sa deuxième course du jour, quelque cinq minutes après que l'Américain Ryan Lochte eut réglé le cas de Michael Phelps en finale du 400 mètres quatre nages, Savard n'a jamais été en mesure de se faire justice. Elle fut la seule à ne pouvoir briser les 59 secondes (59,22 s).
En appliquant la théorie du «rien à perdre» dans cette deuxième vie, sa gourmandise démesurée l'a forcée à effectuer son virage du 50 m trop près du mur.
«Je me suis dit: je vais tout essayer, peu importe ce qui va arriver. J'étais la dernière de la demi-finale, alors je n'avais rien à perdre. La vitesse est ma force, alors j'ai décidé de décoller», a analysé la nageuse du quartier Cap-Rouge à Québec, pourtant neuvième à cette épreuve aux Mondiaux de Shanghaï il y a un an.
«En sortant d'ici, on ne doit pas être abattu. Il y avait juste deux filles de 19 ans parmi les 16 demi-finalistes», a soulevé Pelletier.
Si le 100 m papillon s'avérait son épreuve fétiche, Katerine Savard s'élancera dans le 200 m papillon, mardi matin, aux côtés d'Audrey Lacroix.
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