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Tournoi international de hockey pee-wee

Unique et mystique

Agence QMI 
10/02/2009 22h24 
 
 
Tournoi international de hockey pee-wee - Unique et mystique
En février 1974, le jeune Wayne Gretzky, âgé de 13 ans, rencontrait le grand Jean Béliveau à Québec. 
© Journal de Québec - Archives


Le hockey, la candeur des enfants, les charmes d’une ville sous la neige; l’idée de Gérard Bolduc n’était pas si bête, finalement.

Le Tournoi international de hockey pee-wee de Québec appartient désormais à l’immortalité avec sa 50e édition. Source d’émerveillement depuis sa création, même les pleurs d’une défaite pour la majorité des joueurs qui y ont participé n’ont pas réussi à entacher leurs souvenirs.

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Paul Dumont, bras droit de Gérard Bolduc au moment du lancement du tournoi, soulevait une question empreinte de mystère dans l’extraordinaire livre de Jacques Revelin (L’histoire fantastique du tournoi international de Québec), paru au 10e anniversaire en 1969.

Dumont s’interrogeait ainsi: «Pouvait-on raisonnablement s’imaginer que des enfants de 9 à 12 ans puissent soulever autant d’intérêt et de passion? Parviendra-t-on un jour à expliquer pourquoi les dimensions de ce tournoi sont devenues si énormes?»
La réponse est non.

«Quelque chose de nouveau»

Les sages et observateurs autour de ce tournoi croient dur comme fer que son impact n’aurait pas été le même dans une autre ville. On le dit unique à Québec, de là l’esprit visionnaire qu’on prête tant à son fondateur.

Gérard Bolduc, qui verse déjà dans le hockey depuis des années à cette époque, assiste, en 1958, à un tournoi pee-wee dans la petite ville ontarienne de Goderich. Du coup, une idée audacieuse s’installe dans la tête de cet homme, qu’il coiffe de son célèbre chapeau tyrolien. «On va organiser un tournoi semblable ici», lance le joyeux personnage à ses partenaires.

Le projet mettra finalement deux années avant d’éclore. «Au Québec, c’était quelque chose de nouveau que d’organiser un tournoi de hockey mineur», nous rappelle l’historien Jean-Marie Lebel, qui a fait de Québec son principal champ d’intérêt.

Les sceptiques déjoués

Ce samedi 20 février 1960, ça y est pourtant. Vingt-huit équipes sont inscrites à la première édition présentée à l’aréna du parc Victoria, l’un des trois seuls de la ville avec le Colisée et le pavillon de la Jeunesse. La violente tempête de neige de la veille, le Carnaval et la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Squaw Valley auraient pu jeter de l’ombre sur l’événement. Mais la promesse de verser des surplus aux œuvres du patronage Roc-Amadour allait rallier la presse, sceptique jusque-là.

Dès le tout premier match, à 14 h, les joueurs des équipes des paroisses locales de Saint-Pascal et Saint-Joseph découvrirent alors un gisement de sympathie qui ne s’épuisera jamais. «Je m’en souviens comme si c’était hier et j’en parle à chaque année avec un «moton» dans la gorge à mes enfants et à mes frères. Quelles émotions nous avions vécues, nous les petits gars de la paroisse Saint-Pascal», témoigne Conrad Pitre, qui a aujourd’hui 61 ans. Le succès fut instantané. Plus de 700 personnes de Donnacona s’étant annoncées pour encourager leur équipe, Bolduc et les dirigeants durent conclure une entente avec la Ville pour «déménager» le tournoi au Colisée, en prévision de la journée des finales. Là aussi, l’audace allait être récompensée. Après les 12 500 spectateurs qui avaient envahi le petit aréna Victoria, durant les sept premières journées, 7 235 mordus occupèrent le Colisée pour l’ultime samedi.

«C’est un tournoi qu’on a vite adopté, tout simplement», affirme Jean-Marie Lebel. «Les gens n’assistaient jamais à des matchs de hockey mineur dans un aréna, alors les journaux et la radio en ont vite fait la promotion. C’étaient des enfants et certains prenaient une éternité à se rendre de la ligne rouge au but, mais on leur pardonnait leurs erreurs.»

L’âme d’un tournoi

Lancé aux aurores de ce qui allait devenir la Révolution tranquille, le tournoi pee-wee existe toujours, quelque 100 000 joueurs et cinq décennies plus tard. Il a traversé de multiples crises économiques, vu passer six maires de Québec et 12 premiers ministres et a généré, seulement en 2008, des retombées économiques de 14 millions, selon une étude.

«L’âme de ce tournoi, ce sont les bénévoles, les commanditaires et la foule», partage avec son même émerveillement de gamin Patrick Dom, employé à temps plein du tournoi depuis 1993. «Écoutez, il y a encore 200 000 personnes qui y assistent à chaque année», insiste-t-il.

«Parviendra-t-on un jour à nous expliquer?», nous demande Paul Dumont depuis l’au-delà. À ses côtés, Gérard Bolduc sourit et contemple son œuvre entre deux volutes de sa pipe...

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